Le PAM dans la mouise

FRONDE DE CINQUANTE-NEUF FIGURES DU TRACTEUR

L’opposition au nouveau secrétaire général du Parti authenticité et modernité s’organise, sur coup d’accusations envers ce dernier de vouloir mettre la main sur l’ensemble des instances de la formation.

Déjà en son temps, Hakim Benchamach était régulièrement accusé de vouloir mettre le Parti authenticité et modernité (PAM) sous sa coupe. Son successeur à la tête du parti, Abdellatif Ouahbi, ne serait pas en reste, et ferait même pire depuis qu’il a été élu le 9 février au IVe congrès d’El Jadida. C’est ce que soutiennent en tout cas cinquante-neuf de ses détracteurs, parmi lesquels on trouve l’ancienne porte-parole, Khadija El Gour, des figures du conseil national à l’instar d’Abdelmoutaleb Amiyare et du député Mohamed Aboudrar, qui jusqu’au 9 avril occupait également le poste de président du groupe parlementaire à la Chambre des représentants -avant d’être remplacé, de façon très controversée, par M. Ouahbi au profit de Rachid El Abdi, de Salé Médina-, ainsi que des élus et des membres passés et présents des différentes instances de la formation.

Les concernés ont ainsi publié, le 16 mai 2020, un communiqué en quatorze points pour fustiger ce qu’ils ont qualifié d’“atteintes” commises au cours des trois derniers mois par M. Ouahbi aussi bien au plan référentiel, dans la mesure où ce dernier s’est souventes fois dit ouvert, et ce avant même de prendre les commandes du PAM, à une alliance avec le pourtant ennemi islamiste honni du Parti de la justice et du développement (PJD), mais également et surtout en procédant depuis quelques semaines précisément à une série de décisions allant selon eux à l’encontre des codes et règlements du parti.

Ainsi, au titre de ces décisions, celle notamment, mentionnée plus haut, de mettre au pas M. Aboudrar “en violation flagrante des dispositions du règlement interne de la Chambre des représentants”; aussi, celle de limoger, le 30 avril, huit des douze secrétaires régionaux tout en désignant, à leur place, des hommes de son cru, alors qu’il aurait fallu tenir des élections pour les choisir; en plus de s’arroger le pouvoir décisionnaire du bureau politique qui, Covid-19 oblige, n’a pourtant pas encore été élu, et d’installer, au nom du conseil national, les membres et le président du comité national d’éthique et d’arbitrage -l’avocat Mohamed Barigou- en lieu et place du congrès national, qui au regard de l’article 85 du statut du parti aurait dû normalement en décider.

D’ailleurs ce statut, souligne le communiqué, n’a même pas été déposé auprès du ministère de l’Intérieur; ce qui, en principe, devait être fait dans le mois suivant le IVe congrès. Si, pour l’heure, M. Ouahbi n’a pas encore réagi aux accusations portées à son encontre, il ressort toutefois, selon des sources jointes par Maroc Hebdo, que le cercle proche du secrétaire général du PAM pousserait pour une pure et simple mise à la porte des cinquante-neuf “frondeurs”.

Et quelle que soit l’option finalement choisie, la situation du parti est sans doute loin de pouvoir s’arranger, alors que ce dernier fait d’autant plus face au spectre d’une scission à la barre de laquelle on trouve principalement le candidat malheureux du IVe congrès, Samir Belfkih, soutenu par différents leaders PAMistes. Le coup de trop pour une formation initialement créée pour gouverner le pays?


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