LE PACTE POUR LA CROISSANCE ET L’EMPLOI, VRAIE PANACÉE?

BENCHAÂBOUN DEVANT LE PATRONAT

Le Maroc fera donc le choix de l’investissement public pour relancer son économie. Mais pas n’importe comment, selon le gouvernement.

On en sait donc un peu plus sur le plan de relance que souhaite entreprendre le gouvernement au cours des prochaines semaines pour permettre à l’économie marocaine de retrouver des couleurs. Ou peut-être vaudrait-il mieux parler de “pacte pour la croissance et l’emploi”; expression utilisée par le ministre de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’administration, Mohamed Benchaâboun, au cours de son intervention du 28 mai 2020 devant le conseil d’administration de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) pour y faire référence. Un choix des mots qui, surtout, a le mérite de renvoyer plus clairement au double objectif visé par l’Exécutif d’assurer la croissance de l’économie tout en permettant aux Marocains d’avoir plus d’opportunités de travail. Ou l’inverse. “Le choix des investissements se fera en fonction de l’impact sur l’emploi, en particulier,” a indiqué, à ce propos, M. Benchaâboun. Dans l’ensemble, ce dernier s’est tenu, devant le patronat, à la même ligne d’argumentation qui avait, déjà, été la sienne le 19 mai 2020 à la Chambre des conseillers et dont un des principaux points avait été que l’investissement public sera “un outil décisif pour la relance économique”, à rebours de ses intentions du début du mois d’avril 2020 de sabrer dans le budget public pour maintenir les équilibres macro-économiques.

Ligne d’argumentation
C’était, d’ailleurs, ses discussions avec les patrons qui l’avaient amené à faire machine arrière, étant donné que ces derniers considèrent que c’est seulement par le biais de l’accompagnement financier de l’Etat que la reprise pourra être assurée, comme ils l’ont souligné encore dans le plan de relance économique de la CGEM rendu public le 21 mai 2020 -le président de la confédération, Chakib Alj, avait estimé, dans une interview donnée sur la chaîne Médi 1 TV le 22 mai 2020, le montant à décaisser par les pouvoirs publics dans le cadre du plan “autour de 80 milliards de dirhams, dont 60 milliards déjà en garantie”. M. Benchaâboun avait ainsi promis, au parlement, “un rythme stable de l’investissement public”; ce qu’il a de nouveau réitéré. En étant, toutefois, beaucoup plus précis. “L’investissement public devra s’appuyer sur des mécanismes innovants en matière de financement,” a-t-il plaidé.

Concrètement, M. Benchaâboun voudrait impliquer institutionnels nationaux, investisseurs étrangers et personnes en leur offrant la possibilité de placer leurs billes dans des fonds qui seraient spécialement créés dans le cadre de la loi des finances rectificative actuellement en cours d’élaboration -ce qui, soit dit en passant, a sans doute été la principale annonce de son debrief, après plus de trois mois à éluder le sujet. “Financer l’investissement public directement par le budget ou le Trésor ne peut pas tenir longtemps,” a, à cet égard, plaidé M. Benchaâboun. En tout cas, ce dernier a assuré que l’Etat fera tout son possible pour accompagner les entreprises: le roi Mohammed VI en personne y veille comme M. Alj l’a souligné, lui qui a révélé avoir récemment participé à une réunion au Cabinet royal dans ce sens. Des mesures qui viseront aussi, en outre, le secteur informel, afin de l’intégrer. “L’intégration de l’informel est un passage obligé si on veut une rupture positive à l’avenir,” a-t-il confié. Somme toute, le plus dur est sans doute seulement en train de commencer...


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