Ouyahya et Sellal lourdement condamnés par la justice Algérienne

La descente aux enfers des symboles de l’ancien régime de Abdelaziz Bouteflika

Deux anciens premiers ministres, Ahmed Ouyahya et Abdelmalek Sellal, réputés très proches de l’ex-président Abdelaziz Bouteflika, ont été condamnés, chacun, à 12 ans de prison ferme et un million de dinars d’amende. Mais la peine la plus lourde revient, incontestablement, à l’homme d’affaire Ali Haddad, qui écope de 18 ans de prison ferme en plus de la saisie de tous ses biens.

La justice algérienne a frappé fort contre les symboles du régime de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika, qui a démissionné de son poste en avril 2019 après avoir suscité de vastes mouvements de contestation, le Hirak, suite à son annonce de vouloir se représenter à un cinquième mandat. Mercredi 1er juillet 2020, deux de ses anciens premiers ministres, Ahmed Ouyahya et Abdelmalek Sellal, ont été condamnés par le tribunal Sidi M’Hamed d’Alger à 12 ans de prison ferme et à un million de dinars d’amende chacun. Une condamnation considérée comme lourde pour deux anciens caciques de l’ère Bouteflika. Dans cette même affaire, huit anciens ministres ont, en outre, été condamnés, à savoir Abdelkader Kadi (5 ans de prison), Boudjemaâ Talai, Amara Benyounès et Abdelghani Zaâlane (3 ans), Amar Ghoul (10 ans), Mahdjoub Bedda et Youcef Yousfi (2 ans) et, enfin, Abdeslam Bouchouareb, qui est en fuite, à 20 ans de prison par contumace. Les mis en cause étaient, officiellement, poursuivis pour blanchiment d’argent, pressions sur des fonctionnaires afin d’obtenir des avantages indus, corruption de fonctionnaires et financement occulte de campagne électorale.

Mais la peine la plus lourde revient, incontestablement, à l’homme d’affaires algérien Ali Haddad, ex-patron des patrons. L’ancien dirigeant de la principale organisation patronale algérienne, le Forum des chefs d’entreprises (FCE), équivalente à la CGEM marocaine, écope, en effet, de 18 ans de prison ferme. Incarcéré depuis mars 2019, il était poursuivi pour obtention de privilèges, d’avantages et de marchés publics en violation de la législation, dilapidation de deniers publics, abus de fonction, conflit d’intérêts et corruption dans la conclusion de marchés publics. Ses frères, Omar, Meziane, Sofiane et Mohamed, ont été condamnés, chacun, à quatre ans d’emprisonnement.

Les biens de la famille Haddad ont été saisis. Au cours du procès, sur lequel planait l’ombre du clan Bouteflika, des accusés ont regretté l’absence du président déchu, fatigué et malade, et de son frère Saïd, l’ex-influent conseiller, en prison pour complot contre l’autorité de l’armée et de l’Etat. Considéré comme l’un des principaux financiers des dernières campagnes électorales de M. Bouteflika, M. Haddad avait été condamné, fin mars dernier, à quatre ans de prison ferme à l’issue d’un autre procès pour corruption. Fondateur et PDG d’ETRHB, première entreprise privée du BTP en Algérie et attributaire de gigantesques contrats publics, Ali Haddad est apparu comme l’un des symboles des liens troubles entre certains milieux d’affaires et l’entourage de M. Bouteflika.

Des marchés occultes
Président du patronat algérien de 2014 à mars 2019, réputé très proche de Saïd Bouteflika, il avait été arrêté à un poste-frontière avec la Tunisie en possession de deux passeports. Les chefs d’accusation qui ont pesé sur lui au coeur de cette affaire rocambolesque, concernent plusieurs grands projets d’infrastructures publiques au, dont l’autoroute Boudouaou-Zéralda, la pénétrante de l’aéroport international d’Alger et l’autoroute Est-Ouest. Au lendemain de son arrestation, la presse algérienne dont le quotidien à grand tirage Al Watan a consacré une série d’enquêtes et d’articles de presse bien fouillés sur la fortune de cet ancien magnat de l’immobilier devenu le plus grand milliardaire en Algérie. Ainsi, suite aux révélations de l’enquête judiciaire, on apprend que depuis 2000, période qui coïncide avec l’arrivée au pouvoir de Abdelaziz Bouteflika, le groupe de sociétés de Ali Haddad a bénéficié de 275 marchés publics dans quatre ou cinq secteurs différents: BTP, agriculture, mines, énergie, hydraulique et pharmacie industrielle.

Après avoir amassé une fortune colossale, il a acheté des propriétés immobilières et hôtelières dans de nombreuses capitales étrangères, dont Barcelone, en Espagne, où il s’est offert un palace particulier de plus de 55 millions d’euros. Quant à son mentor et grand ami, Saïd Bouteflika, il devra être présenté prochainement devant une juridiction civile pour être jugé pour des affaires de corruption et trafic d’influence. Il avait été condamné en septembre 2019 par le tribunal militaire de Blida à 15 ans de prison ferme pour complot contre l’armée.


1 commentaire

  • Ali

    4 Juillet 2020

    Les Charlots qu'ils ont que la haine disparaissent dans la haine

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