OÙ EST L’ALTERNATIVE ?

FERMETURE DES POSTES FRONTALIERS AVEC LES PRÉSIDES OCCUPÉS SEBTA ET MELILIA

La fermeture des points de passage des marchandises des deux postes frontaliers Sebta et Melilia est définitive. Les autorités veulent créer un centre de commerce à Nador pour compenser la contrebande, mais pour l’heure, il n’y a aucun plan détaillé et réalisable afin de faire dissiper la peur des habitants de la région, pour leur grande majorité désoeuvrés.

Les postes frontaliers avec les présides occupés de Sebta et Melilia demeureront fermés. Celui de Sebta l’est depuis le 9 octobre 2019, tandis que celui de Melilia l’a été une année auparavant. Cette décision est irréversible, même pour la période post-confinement. Pour rappel, le directeur de l’Administration des douanes et impôts indirects, Nabil Lakhdar, avait accordé en février 2020 un entretien à l’agence espagnole EFE où il a expliqué que pour le Maroc, les mesures anti- contrebande sont irréversibles, «même si l’économie des deux présides occupés pourrait en souffrir».

Il a ajouté que Sebta, tout comme Melilia, «ne sont pas des frontières», et «n’ont jamais été traitées comme des étapes commerciales », envisageant une reconversion des postes-frontières en «points de passage pour les personnes, à l’image des aéroports, où les passagers entrent avec des marchandises pour leur consommation personnelle à petite échelle». Le responsable a affirmé que les mesures de lutte contre le commerce irrégulier n’ont pas de portée politique et n’ont pas été coordonnées avec la diplomatie marocaine. Il s’agit de l’application de la loi et la réglementation en vigueur.

Points de passage
«Sebta et Melilia n’ont pas de production ou d’industrie locale et tout vient de l’extérieur», a-t-il dit. Le Maroc reste la destination finale de 80% de ce qui arrive dans ces villes, ce qui représente un chiffre d’affaires annuel compris entre 15 milliards et 20 milliards de DH. Les deux enclaves étaient jusqu’alors les principales portes d’entrée de marchandises de contrebande sur le sol marocain. Mais pas seulement! Cette fermeture des frontières avec les deux enclaves voisines a compliqué la situation des travailleurs marocains à Sebta. Quelque 3.000 travailleurs marocains dans le préside occupé, disposant de contrats de travail à Sebta, en souffrent le martyre.

La décision de maintenir fermés pour toujours les postes frontaliers est à double tranchant. Elle crée ainsi une crise économique suffocante autant pour les habitants et l’économie des deux présides occupés, que pour la région du Nord -notamment les villes de Tanger, Tétouan Mdi’q, Fnideq- et ses habitants dont le commerce de contrebande des marchandises jadis florissant est paralysé. Des millions de ménages vivent de ce commerce de marchandises qui transitent via les points de passage des deux postes frontaliers.

Le Maroc veut convertir les postes frontières de Sebta et Melilia en simples points de passage de personnes, avec une activité commerciale minime. Il est vrai que chaque emploi dans la contrebande en détruit cinq dans le circuit officiel. Il est vrai aussi que la fermeture du poste frontière s’explique aussi par la forte concurrence entre les ports de Melilia et de Beni Nsar à Nador.

La fermeture des deux postes frontaliers a incité les importateurs à passer par le port marocain de Beni Nsar à Nador, au lieu de passer toujours par Melilia. Les autorités veulent créer un centre de commerce à Nador pour compenser la contrebande, mais pour l’heure, il n’y a aucune visibilité, voire aucun plan détaillé et réalisable dans le court terme afin de faire dissiper la peur des habitants de la région, pour leur grande majorité désoeuvrés.


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