EL OTHMANI EN PLEURS

LE CHEF DU GOUVERNEMENT AU PARLEMENT

A en croire le Chef du gouvernement, l’état d’urgence sanitaire pourrait s’étaler au-delà de la date butoir du 20 avril.

On peut penser ce que l’on veut de Saâd Eddine El Othmani, mais il aurait été difficile de ne pas s’émouvoir de son passage de ce 13 avril 2020 à la Chambre des représentants. Donnant le nombre de morts dues à la pandémie de Covid-19 depuis la révélation du premier cas dans le Royaume le 2 mars -120 à l’heure où il s’installait au perchoir de la première chambre-, le Chef du gouvernement n’a pu réprimer ses larmes, lui qui pourtant n’a pas coutume d’étaler ses émotions en public.

C’est qu’il était, visiblement, durement affecté par un bilan qui, de jour en jour, ne cesse de s’alourdir, même si l’état d’urgence sanitaire décrété le 20 mars par son cabinet a indéniablement permis de limiter la casse. «Si on entend parler d’une mort, pour nous, c’est un jour d’enterrement,» a-t-il d’ailleurs à peine pu lâcher.

Ceci dit, le rôle de second plan qu’il joue en ce moment est encore davantage ressorti, et c’est un fait acquis que sans l’intervention et la proactivité du roi Mohammed VI le Maroc en serait peut-être aujourd’hui à déplorer des milliers de morts. Car l’ensemble des 300 mesures que le Chef du gouvernement a recensées, à l’instar de la mise en place le 16 mars du Fonds spécial pour la gestion de la pandémie, sont soit à mettre directement au crédit du Palais, soit indirectement par le biais notamment du Comité de veille économique (CVE) installé le 11 mars à l’instigation, dit-on, du Souverain.

Appui aux catégories vulnérables
Ce suivi royal avait notamment pu se constater le 17 mars lors de la séance de travail que le roi Mohammed VI avait présidée au palais royal de Casablanca et à laquelle M. El Othmani avait été convié au même titre que ses ministres de l’Intérieur et de la Santé, à savoir Abdelouafi Laftit et Khalid Aït Taleb, l’inspecteur général des Forces armées royales (FAR), Abdelfattah El Ouarak, le commandant de la Gendarmerie royale, Mohamed Haramou, et le directeur général de la Sûreté nationale et de la Surveillance du territoire, Abdellatif Hammouchi.

Pendant son allocution, le Chef du gouvernement a mis l’accent sur le fait que la priorité a été donnée à la santé et la sécurité des citoyens, d’où notamment la décision d’investir quelque 2 milliards de dirhams parmi ceux recueillis par le fonds spécial dans l’achat de matériel médical et hospitalier et de matériel d’analyse laboratoire ainsi que le renforcement des moyens de fonctionnement du ministère de la Santé.

En outre, il est revenu sur le soutien et l’appui aux catégories vulnérables et celles touchées par la pandémie, à travers l’allocation d’une somme de 2.000 dirhams par mois aux salariés, aux employés sous contrat-insertion et aux marins pêcheurs affiliés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Quelque 716.255 personnes se sont vus pour l’heure, selon lui, bénéficier de cette indemnité, en plus de 92.795 cas actuellement en cours d’instruction.

M. El Othmani a surtout confirmé que l’état d’urgence sanitaire pourrait s’allonger au-delà de la date butoir fixée au 20 avril, ce qui voudrait dire que le Maroc est encore bien loin de sortir de l’auberge.


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