L'OTAN avertit des gesticulations d'Alger


Abdelmadjid Tebboune et Said Chengriha, chef de l’armée.

À force de gesticulations, Alger semble en passe de perdre toute crédibilité au sein de la communauté internationale, si ce n’est déjà le cas. En effet, un rapport de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) dont la teneur vient d’être révélée par l’édition allemande du journal électronique américain Business Insider met directement en cause la capitale algérienne et notamment sa propension à user de ses ressources gazières comme levier de pression à l’encontre des autres pays, pour ne pas citer l’Espagne. L’OTAN appelle ainsi à faire preuve de méfiance à son encontre et ne manque pas par ailleurs de faire le rapprochement entre les agissements algériens et ceux de son allié russe, d’où de nombreux pays européens importent également le gaz dont ils ont besoin pour faire fonctionner leurs économies.

L’avertissement de l’OTAN a d’ailleurs été finalement prémonitoire, puisqu’on a vu le régime algérien geler, dans le cadre de la rupture décrétée le 8 juin 2022 de son traité d'amitié, de bon voisinage et de coopération avec l'Espagne, les domiciliations bancaires des opérations commerciales de et vers la voisine ibérique, ce qui implique que celle-ci ne reçoit plus de gaz algérien contrairement à l’engagement du 27 avril 2022 du président Abdelmadjid Tebboune qui avait démenti toute intention de son pays dans ce sens. Suite aux menaces à peine voilées de sanctions européennes, dans la mesure où la commission européenne a clairement fait savoir le 9 juin 2022 qu’aucun État membre de l’Union européenne (UE) ne saurait faire l’objet de chantage, l’Algérie a finalement rétropédalé; mais il n’en reste pas moins que l’épisode a été loin de dissiper les craintes plus que légitimes de l’OTAN et de nombreuses parties à l’échelle régionale.

De toute façon, l’Espagne avait, dès la fermeture du gazoduc Maghreb-Europe le 1er novembre 2021 à travers laquelle l’Algérie souhaitait sanctionner économiquement le Maroc, pris ses dispositions en signant différents contrats de livraisons avec d’autres pays comme le Qatar ou, plus récemment, les Émirats arabes unis.