Organisation du mondial 2030 : Le Maroc plus que jamais proche de son rêve


Chakib Benmoussa tenant le prix. A ses côtés, Gianni Infantino, président de la FIFA,
et Patrice Motsepe, président de la CAF. Kigali, le 14 mars 2023.


Le Maroc a officiellement rejoint l’Espagne et le Portugal dans leur candidature conjointe pour organiser la Coupe du monde 2030. Après cinq échecs, le Royaume semble mieux que jamais prêt à accueillir le plus grand événement sportif au monde.

“J’annonce devant votre assemblée que le royaume du Maroc a décidé, avec l’Espagne et le Portugal, de présenter une candidature conjointe pour abriter la Coupe du Monde 2030”. Le message du Roi Mohammed, lu ce mardi 14 mars 2023 par le ministre des Sports, Chakib Benmoussa lors de la remise du Prix de l’excellence 2022 de la Confédération Africaine de Football (CAF), à Kigali, au Rwanda a déclenché un sentiment d’espoir et de.

Partout sur les réseaux sociaux, les internautes marocains semblent confiants quant aux chances du Royaume à décrocher l’organisation du Mondial: certains se projettent dans sept ans, en imaginant l’ambiance et les bienfaits économiques qu’un tel événement apportera au pays, alors que d’autres sont quasi-assurés que les deux autres candidatures adverses, à savoir Argentine-Chili-Paraguay-Uruguay et Arabie Saoudite-Égypte-Grèce, n’ont aucune chance.

Optimise justifié
Qu’est ce qui anime cet optimisme alors que le Maroc a échoué, non pas une, non pas deux, mais cinq fois à décrocher le droit d’organiser la Coupe du monde, depuis sa première candidature pour l’édition de 1994 ? Tout d’abord, le Royaume surfe actuellement sur la vague de ses récents exploits footballistiques aux retombées mondiales, notamment son parcours historique à la Coupe du monde Qatar 2022 où il est devenu le premier pays africain et arabe à atteindre ce stade, ou encore l’organisation très réussie de la Coupe du monde clubs en février 2022 à Rabat et à Tanger. Toujours sur le plan symbolique, une candidature conjointe Maroc-Espagne-Portugal incarne l’avenir marqué par le désir de renforcer la coopération entre l’Afrique et l’Europe à travers un projet aussi colossal et ambitieux. «Nous sommes deux continents voisins et nous voulons travailler ensemble.

Nous ne sommes pas deux continents distants qui souhaitent rivaliser mais qui, au contraire, souhaitent célébrer ensemble le sport et toutes les valeurs associées au sport», a déclaré, le 15 mars, le Premier ministre portugais Antonio Costa lors d’une conférence avec son homologue espagnol, Pedro Sanchez, en marge du sommet bilatéral à Lanzarote, aux îles Canaries. Le chef de l’Exécutif espagnol a quant à lui affirmé que l’ajout du Maroc «place la candidature conjointe de l’Espagne et du Portugal dans des dispositions optimales pour remporter cette course», précisant que «cela envoie un message positif et améliore les conditions» d’obtention de l’organisation de l’évènement, a ajouté le chef du gouvernement espagnol.


Les trois pays peuvent compter également sur leur proximité géographique conjuguée à leurs importants atouts touristiques pour renforcer leur dossier, en proposant une expérience extrêmement riche et diversifiée aux dizaines de milliers de supporters qui feraient éventuellement le déplacement pour assister à la Coupe du monde. Sans oublier le facteur climatique avantageux en période d’été dans les pays méditerranéens.

À ces niveaux-là, les deux candidatures adverses semblent être en nette infériorité. Par ailleurs, les deux pays ibériques peuvent également faire valoir leur propre expertise en matière d’organisation, puisqu’ils ont déjà abrité conjointement l’Euro 2004. L’Espagne a également organisé la Coupe du monde 1982 puis les Jeux olympiques de 1992 à Barcelone. Le Maroc sera amené toutefois à rattraper son retard relatif au niveau des infrastructures pour se mettre au même niveau. C’est certainement sur ce point-là que la partie marocaine axera ses efforts, en l’espoir de faire oublier les échecs de 1994, 1998, 2006, 2010 et 2026 où les lacunes au niveau des infrastructures ont été fatales aux candidatures marocaines.

Atouts importants
Il faut noter aussi que le Maroc, l’Espagne et le Portugal se présentent également comme trois grandes nations de foot -toute proportion gardée- avec un héritage footballistique riche et surtout un large public capable de remplir les stades et générer l’engouement et la ferveur nécessaires à la réussite d’un événement pareil. Les supporters marocains sont devenus d’ailleurs, depuis plusieurs années, l’unité de mesure à l’échelle internationale quand il s’agit d’ambiance dans les gradins. Autre élément très important à prendre en majeur: la candidature Maroc-Espagne-Portugal est également une candidature conjointe de la CAF et de la FIFA, ce qui permettra à ce dossier de sécuriser un nombre important de voix lors du choix des pays hôtes.

Bataille des voix
Les deux instances footballistiques continentales totalisent ensemble 109 voix, soit plus que la moitié des 211 fédérations affiliées à la FIFA et qui ont le droit de voter. La candidature de l’Amérique du Sud, qui revendique le droit d’abriter le Mondial 2030 en mémoire du centenaire de la compétition, dont la première édition s’est tenue dans la capitale uruguayenne Montevideo en 1930, aura plus de difficulté à rassembler des voix dans les autres continents. Quant à la candidature Arabie SaouditeÉgypte- Grèce, le pays européen aura des difficultés à convaincre au sein de sa confédération continentale au vu de l’influence espagnol notamment.

Même son de cloche au sein de la CAF où le président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), Fouzi Lekjaa, jouit d’un poids très considérable qui lui permettra de fédérer facilement autour de la candidature marocaine, même face à une éventuelle tentative de mobilisation du côté de l’Égypte. L’Arabie Saoudite pourrait toutefois essayer de miser sur sa grande puissance financière et diplomatique, ainsi que sur le poids de la Confédération asiatique de football (AFC) et ses 46 voix pour appuyer sa candidature conjointe.

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