LE GRAND ORAL DE MOULAY HAFID ELALAMY

COVID-19, INNOVATION ET ENTHOUSIASME EFFRÉNÉ

Le ministre de l’industrie doit joindre l’acte à la parole. Les effets d’annonce ne suffisent pas. Il va falloir prouver que ces innovations industrielles (respirateurs, etc) profitent réellement aux Marocains en ces temps d’incertitude où le gouvernement a démontré son échec à gérer, à bien des égards, la situation épidémiologique.

Tout le monde se posait cette question depuis quelques semaines: où est passé le ministre ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Economie verte et numérique, Moulay Hafid Elalamy, qui a nous a habitués pendant les trois premiers mois de la gestion de la pandémie à des déclarations fracassantes liées à l’innovation et à la mise au point de respirateurs?

Mais le voilà qui fait sa réapparition à travers un Grand oral à l’occasion d’une conférence organisée, en format virtuel, par le Corporate Council on Africa (CCA), basé à Washington, en marge de la 75ème Assemblée générale des Nations Unies. M. Elalamy a relevé que le continent africain est «un véritable grenier de ressources naturelles et un réservoir de compétences et de techniciens supérieurs». «Le Maroc, qui ne produisait absolument aucun masque, s’est mis à la fabrication de 17 millions de masques par jour pour une population de 36 millions. Nous avons découvert des ingénieurs dans le secteur aéronautique qui se sont regroupés et ont fait un des respirateurs les plus performants au monde avec une marge d’erreur de 3%», a relevé le ministre lors de cette sessions placée sous le thème «Partenariat pour la reprise économique: Maroc».

De même, a-t-il ajouté, outre les respirateurs, les secteurs automobile et aéronautique se sont alliés pour produire des thermomètres et des caméras infrarouges, et, récemment, un test PCR fabriqué par des ingénieurs marocains est désormais opérationnel.

Les temps d’incertitude
Tout cela est bon. Et personne ne peut contester le tact et l’aplomb reconnus à M. Elalamy. Mais la situation épidémiologique actuelle avec une hausse des cas de contamination, des cas graves nécessitant un suivi et de la réanimation, du taux de mortalité, exigeait une explication du ministre. Où sont ces respirateurs au moment où l’on relève que les hôpitaux, saturés par ailleurs, manquent d’équipements et de matériels de réanimation? Où sont passés ces tests PCR fabriqués par des ingénieurs marocains? S’ils sont utilisés par les rares chanceux laboratoires privés qui ont joui de ce marché juteux, qu’on communique là-dessus et qu’on explique dans ces cas de figure pourquoi les prix sont si élevés s’ils sont fabriqués localement.

C’est le b.a-ba de la communication publique. Ce qui n’est pas difficile pour un communicateur avéré comme M. Elalamy. Sauf que, cette fois, il faut joindre l’acte à la parole. Les effets d’annonce ne suffisent pas. Il va falloir prouver que ces innovations profitent réellement aux Marocains en ces temps d’incertitude où le gouvernement a montré son échec à gérer, à bien des égards, la situation épidémiologique. Et il va falloir aussi communiquer autour des annonces d’investissement au Maroc pendant la crise sanitaire. Où en sommesnous réellement?.


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