Des opérateurs touristiques mettent à disposition leurs établissements

Des plans de sortie de crise en marche

Au moment où les autorités réquisitionnent des hôtels classés au profit des “soldats aux blouses blancs”, des opérateurs touristiques à la fibre patriotique proposent de mettre à disposition leurs établissements et émettre des solutions de sortie de crise.

À Casablanca, Marrakech, Agadir, Tanger… Des opérateurs touristiques à la fibre patriotique ont proposé de mettre à disposition leurs hôtels au profit des premiers «soldats» au front contre le coronavirus. D’autres, portés par le même sentiment patriotique, tout en mettant à disposition des autorités et du corps médical leur établissement, ont accordé des salaires de trois mois à l’avance à leurs employés en dépit de la cessation de leur activité. C’est le cas de Haj Ali Rahimi, propriétaire de l’hôtel Al Kabir, à Marrakech, qui n’a pas hésité à accorder à ses employés trois mois de salaire tout en les invitant à se confiner et qui aspire à créer des émules parmi ses pairs dans le secteur. Mieux, il a été aux antipodes de ceux qui ont demandé l’aide du comité de veille économique en proposant des solutions de crédit qui permettraient aux établissements touristiques de payer les salaires et de reprendre fluidement l’activité post-corona.

Veille économique
«Il est inadmissible d’abandonner son personnel et de l’inviter à s’inscrire parmi les bénéficiaires des aides et toucher 2.000 dirhams alors qu’il avait l’habitude de percevoir 7.000 ou 8.000 dirhams, voire plus. Comment va-t-il s’en sortir avec ces 2.000 dirhams? J’ai envoyé une lettre aux ministres des Finances et de l’Intérieur dans laquelle je leur propose de demander aux banques d’accorder des prêts aux entreprises pour permettre à celles-ci de payer trois mois de salaire à leurs employés, avec un taux réduit et un différé de 1 an. On fera d’une pierre deux coups. On va permettre une relance rapide de ces entreprises qui vont garder leurs salariés. Et puis on va permettre aux employés de mener leur vie normalement et de continuer à consommer, de telle sorte qu’on va réactiver le circuit de la machine économique», confie-t-il à Maroc Hebdo.

Ces voeux, exprimés dans une lettre adressée au Chef du gouvernement et au ministre des Finances, ont été entendus. En témoigne la réaction louable du Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), qui a mis en place, dans le cadre de ses réunions avec le comité de veille économique, une série de mesures au profit des entreprises directement touchées par les conséquences du Covid-19.

La première mesure consiste en le report, sur demande, des échéances des crédits amortissables et de leasing jusqu’au 30 juin 2020 sans frais ni pénalités de retard. La seconde est inhérente à des lignes de crédits additionnelles de fonctionnement pour les entreprises touchées par le Covid-19. Ainsi, afin de permettre aux entreprises de disposer de la trésorerie nécessaire pour, notamment, faire face aux versements des salaires de leurs employés et payer leurs fournisseurs, elles peuvent bénéficier de lignes de crédit additionnelles de fonctionnement couvrant jusqu’à 3 mois de dépenses courantes et dans les conditions du produit Damane Oxygène garanti par la CCG. Ces lignes de crédit sont remboursables au plus tard le 31 décembre 2020. Le taux d’intérêt calculé est fixé au taux de refinancement de Bank Al-Maghrib majoré de 200 points de base.

Pour les entreprises touchées par le Covid-19 ne pouvant pas rembourser à cette date, les banques peuvent leur accorder des crédits à moyen terme pouvant aller jusqu’à 5 ans pour les amortir. C’est grâce à des banques et des opérateurs économiques citoyens que le Maroc peut aider le comité de veille économique à juguler les répercussions économiques de la pandémie Covid-19.


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