Futur envoyé de l'ONU au Sahara: un ancien premier ministre Roumain favori

Petre Roman pourrait bel et bien succéder à Horst Köhler comme émissaire onusien dans les provinces sahariennes, même si pour l’instant il refuse de confirmer. La junte algérienne, pour sa part, crie d’ores et déjà au complot.

L’ancien Premier ministre de Roumanie, Petre Roman, a refusé de démentir qu’il était en pole pour succéder à l’ancien président allemand, Horst Köhler, au poste d’envoyé personnel du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) au Sahara marocain.

Joint par le média électronique roumain Digi24, il s’est, ainsi, simplement contenté de déclarer que “le processus est en cours”, ne voulant, on peut le comprendre, pas en dire plus. Ce qui, pour de nombreux observateurs, reviendrait en même temps de sa part à confirmer sa candidature. Et qui, surtout, doit donner des sueurs froides à la junte algérienne, dont les nombreuses officines médiatiques n’ont cessé d’attaquer M. Roman depuis que son nom est sorti.

Et pour cause: le responsable roumain est loin d’être acquis aux thèses favorables à la séparation du Sahara marocain, portées par elle à travers le Front Polisario, et voit plutôt la région comme partie intégrante du Maroc qui verrait sa population exercer son droit à l’autodétermination dans le cadre de l’initiative marocaine pour la négociation d’un statut d’autonomie du 11 avril 2007.

Chantiers de développement
Ainsi, il avait même pris part, en mars 2018 dans la ville de Dakhla, à la quatrième édition du Forum Crans Montana, et ce donc en pleines provinces sahariennes du Royaume, et avait alors dit tout le bien qu’il pensait de la multitude de chantiers de développement menés depuis la récupération par le Maroc de son Sahara dans la seconde moitié des années 1970.

Le régime algérien, lui, préférerait plutôt un profil semblable au diplomate américain Christopher Ross, qui avait précédé M. Köhler au poste d’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU et vient notamment de s’illustrer en critiquant la décision de son président, Donald Trump, de reconnaître la région du Sahara en tant que territoire pleinement marocain et en y inaugurant dans la foulée un consulat.

En tout cas, le momentum actuel, avec justement cette décision du chef d’État étasunien mais aussi l’ouverture d’une vingtaine de représentations diplomatiques au Sahara marocain depuis décembre 2019, semble totalement défavorable à Alger, même si cette dernière se dit encore “forte” et “plus forte que certains pensent”, comme l’avait affirmé le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, le 13 décembre 2020 dans une vidéo sur les médias sociaux. Et la nomination de M. Roman, si elle s’avère réelle, ne viendrait ainsi que renforcer un état de fait.

La voisine de l’Est ne peut, ainsi, plus compter que sur le soutien de quelques alliés portant une hostilité non moins butée à l’égard de l’intégrité territoriale du Maroc, à l’instar principalement de l’Afrique du Sud. D’ailleurs, le ministre des Affaires étrangères algérien, Sabri Boukadoum, se trouvait justement depuis le 11 janvier 2121 à Pretoria pour, vraisemblablement, coordonner leurs efforts au plan africain pour contrer les victoires diplomatiques enregistrées par Rabat à leur détriment au cours des derniers mois.


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