L'ONU alerte sur le réchauffement climatique

Agir maintenant !

La Chine et les États-Unis, les deux plus grands pollueurs du monde, se sont engagés à coopérer dans la lutte contre le changement climatique. Une alliance essentielle.

“Nous sommes au bord du précipice”, a mis en garde le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, lors de la présentation, le 19 avril 2021, de son rapport annuel, en compagnie de Petteri Taalas, le patron de l’Organisation météorologique mondiale. Les pays «doivent agir maintenant pour protéger les populations contre les effets désastreux du changement climatique», a-t-il ajouté.

Le rapport rappelle que l’année dernière a été l’une des trois plus chaudes jamais enregistrées et que les concentrations de gaz à effet de serre ont augmenté malgré le ralentissement économique lié à la pandémie. Pour l’ONU, 2021 est donc une année «cruciale» pour tenter de freiner les effets «désastreux» du changement climatique. L’organisation compte sur une série de sommets clés, notamment celui de cette semaine, pour offrir aux dirigeants de la planète l’occasion d’agir.

Crise climatique
Le rapport est, ainsi, publié peu avant le sommet international sur le réchauffement climatique organisé par le président américain Joe Biden les jeudi 22 et vendredi 23 avril 2021. Sommet auquel ont été invités à y participer, à travers des discussions virtuelles, pas moins quarante dirigeants mondiaux, notamment ceux de la Chine et des États-Unis. Ces deux derniers pays sont les premiers émetteurs de gaz à effet de serre, à l’origine du réchauffement planétaire. Objectif de ces discussions: galvaniser les efforts des principales économies, notamment la Chine et les États-Unis, pour lutter contre la crise climatique.

Leur entente est donc jugée cruciale pour la réussite des efforts internationaux afin de réduire ces émissions. «Nous ne pouvons pas régler cette crise climatique sans que la Chine soit à la table des négociations», avait déclaré la semaine dernière M. Kerry, en marge de son déplacement à Shanghai. Pékin a promis de commencer à réduire ses émissions de CO2 «avant 2030» et de parvenir d’ici 2060 à la «neutralité carbone», c’est-à-dire d’en absorber autant que d’en émettre.

L’«occasion», sera aussi donnée pour les pays qui ne l’ont pas encore fait d’annoncer de nouveaux objectifs climatiques ambitieux, a souligné Antonio Guterres. Washington doit notamment dévoiler ses nouvelles cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030. Samedi dernier, la Chine et les États-Unis, les deux plus grands pollueurs du monde, se sont, en effet, engagés à «coopérer» dans la lutte contre le changement climatique.

Une alliance «essentielle», a souligné le chef de l’ONU. Ce sommet devrait être l’occasion de mieux informer afin de faire «changer les mentalités», selon la jeune militante écologiste suédoise Greta Thunberg. «Tant que nous ne traitons pas la crise (climatique) comme une crise, nous n’arriverons pas à obtenir de changement profond», a-t-elle déclaré lors d’une autre conférence de presse, organisée par l’OMS. M. Guterres compte par ailleurs sur la conférence des Nations unies sur le climat, la COP26, en novembre pour que des «changements radicaux» interviennent enfin.

Obtenir de changement profond
Les niveaux d’ambition actuels en matière de climat sont en effet bien en deçà de ce qui serait nécessaire, estime-t-il. «Les pays doivent s’engager à atteindre des émissions nettes nulles d’ici 2050», a-t-il déclaré, ajoutant: «Nous devons faire plus, et plus vite, dès maintenant». L’Accord de Paris de 2015 sur le changement climatique prévoit de plafonner le réchauffement de la planète en dessous de deux degrés par rapport au niveau préindustriel, tandis que les pays poursuivront leurs efforts pour limiter l’augmentation à 1, 5 C.

Mais, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) estime qu’il y a au moins une probabilité sur cinq que la température moyenne mondiale dépasse déjà temporairement la barre des 1, 5°C d’ici à 2024. «Tous les indicateurs climatiques clés (…) mettent en lumière l’aspect durable et implacable du changement climatique», résume Petteri Taalas. En 2020, les concentrations des principaux gaz à effet de serre – dioxyde de carbone, méthane et protoxyde d’azote – ont continué d’augmenter malgré la réduction temporaire des émissions liée à la pandémie de Covid-19, qui a fait ralentir les économies.

Par ailleurs, selon le rapport, 2020 a été l’une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées, avec par exemple des températures ayant atteint 38°C à Verkhoyansk en Russie le 20 juin, du jamais- vu au nord du cercle polaire. L’élévation du niveau de la mer s’accélère, tandis que le stockage de la chaleur et l’acidification des océans augmentent, diminuant la capacité de l’océan à modérer le changement climatique.

Le rapport pointe également que l’étendue minimale de la glace de mer dans l’Arctique en septembre 2020 a été la deuxième plus faible jamais enregistrée. En outre, un nombre sans précédent de 30 tempêtes dans l’Atlantique a été enregistré avec à la clé au moins 400 décès et coûté 41 milliards de dollars de dégâts. Des vagues de chaleur extrêmes, de graves sécheresses et des incendies de forêt ont également entraîné des dizaines de milliards de dollars de pertes et de nombreux décès. Enfin, quelque 9, 8 millions de déplacements, dus en grande partie aux risques et catastrophes hydrométéorologiques, ont été enregistrés au cours du premier semestre de 2020.

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