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L'ONU reclasse le cannabis hors la catégorie des drogues dangereuses

VIVEMENT LA DÉPÉNALISATION DU CANNABIS

D’après un rapport de l’Union européenne, l’industrie du cannabis pourrait générer pour le Royaume, en cas de son usage légalisé, des revenus annuels de l’ordre de 900 millions de dollars, soit près de 10 milliards de dirhams. Une manne considérable dont les caisses de l’Etat pourraient avoir besoin dans les circonstances difficiles de la crise du Covid-19.

C’est un coup de théâtre international, pour le moins inattendu, concernant l’une des plantes les plus célèbres, qui est longtemps considérée comme une drogue dangereuse et férocement combattue par les forces de l’ordre. Le cannabis vient d’être reclassé par la Commission des stupéfiants des Nations-Unies hors de la catégorie des drogues les plus dangereuses.

S’appuyant sur une série de recommandations de l’Organisation mondiale de la santé sur la marijuana et ses dérivés, la commission onusienne s’est concentrée sur la décision de retirer le cannabis du tableau 4 de la Convention unique sur les stupéfiants de 1961, où il figurait aux côtés d’opioïdes mortels et toxicomanogènes, dont l’héroïne.

Recherches scientifiques
Les 53 Etats membres de la commission ont voté pour retirer le cannabis des listes de contrôle les plus strictes -où il a figuré pendant 59 ans- qui décourageaient même son utilisation à des fins médicales. Cette décision pourrait conduire à des recherches scientifiques supplémentaires sur les propriétés médicinales de la plante, annoncées depuis longtemps, et agir comme un catalyseur pour que les pays légalisent la drogue à usage médical et reconsidèrent les lois sur son usage récréatif. Rappelons qu’en janvier 2019, l’OMS a dévoilé six recommandations concernant l’inscription du cannabis dans les traités des Nations- Unies sur le contrôle des drogues.

Actuellement, plus de 50 pays ont adopté des programmes relatifs au cannabis médicinal, tandis que le Canada, l’Uruguay et 15 Etats américains ont légalisé son usage récréatif, le Mexique et le Luxembourg étant sur le point de devenir les troisième et quatrième pays à le faire. Dans la région Moyen Orient et Afrique du nord (MENA), le Maroc est le seul pays à avoir voté pour cette résolution tandis que l’Algérie, l’Egypte et le Bahreïn ont voté contre.

Au Maroc, considéré comme l’un des plus gros producteurs de résine de cannabis dans le monde tout en disposant d’un arsenal répressif contre les cultivateurs de cette plante, la question de la dépénalisation de sa culture refait désormais surface. D’après un rapport de l’Union européenne, l’industrie du cannabis pourrait générer pour le Royaume, en cas de son usage légalisé, des revenus annuels de l’ordre de 900 millions de dollars, soit près de 10 milliards de dirhams.

Des revenus énormes dont les caisses de l’Etat qui se sont appauvris avec la crise du Covid-19 pourraient avoir besoin. La culture du cannabis assure des revenus à 140.000 ménages au Maroc. Elle assure également un emploi à près de 800.000 personnes, dans un marché estimé, globalement, à près de 10 milliards de dollars par an. En même temps, le Maroc fournit l’Union européenne de 70% de la consommation en cette matière.

Le marché du cannabis représente, en termes de revenus au niveau continental, plus de 7 milliards de dollars en raison de la forte demande internationale pour cette matière aux vertus médicinales désormais reconnues.