L'ONSSA détruit les champs de menthe pollués

Du thé aux pesticides

L’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) a procédé à la destruction de toutes les cultures de menthe considérées toxiques alors que les contrevenants sont sous le coup de poursuites judiciaires.

Après la polémique ayant éclaté l’année dernière sur la présence de pesticides dans le thé importé, voilà que les feuilles de menthe seraient également toxiques. En effet, les services de l’Office National de Sécurité Sanitaire des Produits Alimentaires ont ordonné, au début du mois de juin 2019, la destruction de champs de menthe ayant été traités avec des pesticides non autorisés dans les principales régions productrices, en l’occurrence Rabat, Kenitra, Tanger, Tétouan, Al Hoceima, Casablanca, Settat, Souss-Massa, Fès, Meknès, Marrakech et Safi. Dans le même temps, les marchés de gros, les grandes et moyennes surfaces ont été appelés à exiger les bulletins d’analyse conformes à la sécurité sanitaire de la menthe. Bien évidemment, les contrevenants ont été sanctionnés par les autorités à travers des PV d’infractions envoyés à la justice. Cette décision fait suite aux résultats des analyses de plusieurs échantillons qui ont révélé l’utilisation de pesticides non autorisés sur les cultures de menthe.

Un ingrédient incontournable
Deux correspondances de directions régionales de l’ONSSA avaient indiqué des «taux de non-conformité très élevés» au niveau national. Si ce constat ne peut être généralisé à toute la production de la menthe mise sur le marché local, il s’agit tout de même d’un véritable coup dur pour la filière, qui produit 70.000 tonnes par an. La menthe fraîche est l’ingrédient incontournable pour faire le traditionnel thé vert. Aucun Marocain ne déroge à la règle; de la simple table du petit déjeuner aux grandes réceptions festives, la fameuse théière de feuilles de thé infusées avec de la menthe fraîche est indispensable. Et ce produit s’exporte bien. D’après les statistiques officielles, le Maroc expédie près de 6.000 tonnes vers l’Union européenne.

Classée comme une variété maraîchère, la menthe est principalement cultivée dans les régions de Meknès, Benslimane, Skhirat, Marrakech, Larache, Agadir et Settat, qui est le principal producteur, notamment la variété «Brouj» avec 100.000 à 300.000 bottes par hectare et par récolte. La production des autres variétés «El Abdi», «Mlaqqem», «Meknassi» et «Marrakchi» atteint 50.000 à 100.000 bottes à l’hectare par récolte. Le prix de vente de la menthe au marché de gros varie de 0,10 à 0,50 centimes la botte. Et celle-ci est vendue à 1 à 1,50 DH au consommateur. Bien plus chère, la menthe bio, cultivée dans les régions de Casablanca, Marrakech et Rabat sur une superficie d’environ 20 hectares, est commercialisée à un prix allant de 3 à 6,50 DH la botte.

La solution pour informer le consommateur serait d’instaurer un emballage qui distinguera la menthe contenant des pesticides et celle répondant aux normes de sécurité sanitaire. Selon Bouazza Kharrati, président de la Fédération marocaine des droits du consommateur, cette mesure entrera rapidement en vigueur d’abord dans les grandes surfaces avant d’être généralisée aux marchés populaires de tout le Royaume.


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