L'ONHYM continue de chercher des alternatives

EXPLORATION PÉTROLIÈRE ET GAZIÈRE

À fin 2019, 34 compagnies étrangères prospectaient au Maroc à la recherche d’hydrocarbures. Avec seulement des promesses, pour l’instant.

“Parce que, tandis qu'ils extrayaient le pétrole, moi je faisais des barrages”: prenant part en décembre 1989 à l’émission L’Heure de vérité sur la chaîne française Antenne 2, le roi Hassan II se félicitait de la sorte que, contrairement à l’Algérie, le Maroc ne dispose pas de ressources pétrolières. Beaucoup choisirent de n’y voir qu’une boutade d’un chef d’État voulant, in fine, faire contre mauvaise fortune bon coeur, quoique le temps lui ait donné raison et que le Royaume peut s’enorgueillir d’une économie plus diversifiée et permettant, concrètement, au peuple de manger à sa faim. Mais il faut dire aussi que le pétrole et, en l’occurrence, le gaz, puisqu’il s’agit là du point chaud de l’actualité nationale présente, ne feraient pas de mal au pays.

Opérations de prospection
D’ailleurs, une recherche active est menée depuis une quinzaine d’années sous l’égide de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), dans le cadre d’accords où les compagnies s’accaparent 75% des permis qui leur sont octroyés, tandis que le reste va à l’État marocain. Tout en sachant que les bénéfices réalisés sont exonérés d’impôts pendant dix ans. L’objectif est, on le devine, d’attirer un maximum d’investisseurs, dans la mesure où l’État n’a pas les moyens de faire lui-même la prospection. Ce qui réussit d’ailleurs assez bien au Maroc: à fin 2019 selon le dernier rapport disponible de l’ONHYM, seize compagnies opéraient dans la recherche des hydrocarbures conventionnels, sur une superficie de quelque 153.663 km2 répartie en 34 permis en onshore, 51 permis en offshore, une autorisation de reconnaissance en onshore et neuf concessions d'exploitation.

Au plan gazier en particulier, la compagnie Circle Oil, d’origine irlandaise, a dès avril 2009 commencé à exploiter et à avoir un retour sur investissement dans le permis qui lui avait été accordé en juin 2006 par l’ONHYM, mais ceci de façon insuffisante puisque le gaz extrait servait à peine à la production électrique de la zone industrielle de la ville de Kénitra -Circle Oil avait, en outre, cédé en janvier 2017 ses activités à SDX Energy, dont le siège se trouve dans la capitale du Royaume-Uni, Londres.

De temps à autre, on continue par ailleurs de parler de nouvelles découvertes, comme au mois d’août 2021 au large de la ville d’Agadir, où Europa Oil & Gas avait annoncé avoir trouvé un gisement de deux milliards de barils de pétrole, mais ceci est, au moins pour deux raisons, à prendre avec des pincettes: la première, c’est qu’il s’agit le plus souvent de réserves potentielles et non de réserves prouvées, ce qui, comme dans le cas du prétendu gisement d’Agadir, avait d’ailleurs amené l’ONHYM à produire un communiqué pour préciser la différence; et la seconde, c’est que la plupart des compagnies sont prises dans un engrenage où, pour se financer et financer leurs opérations de prospection, elles ont recours à la bourse, et elles ont, pour cette raison, tout intérêt à rendre publique la moindre information positive qu’elles ont à leur disposition, de sorte à ce que le cours de leur action augmente et qu’elles puissent, par là même, disposer de davantage de moyens.

Ce qui fait que pour l’heure, il vaut mieux rester prudent, surtout eu égard à l’incident de Talsint, village de la province de Figuig dont on dit en août 2000 qu’il y avait dans son sol du pétrole, avant qu’il n’apparaisse qu’il ne s’agissait que d’une opération fumeuse montée par des hommes d’affaires américains véreux.

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