Les ONG, les grandes oubliées du CVE

Le chef du gouvernement apostrophé par la société civile

Les quelque 40.000 salariés des ONG nationales se trouvent aujourd’hui dans une situation de totale précarité, ignorées qu’elles sont par les autorités depuis le début de l’état d’urgence sanitaire.a

Certains économistes le taxent de secteur quaternaire, et le secteur des organisations non gouvernementales (ONG), puisque c’est de lui qu’il s’agit, ne volerait sans doute pas ce surnom: rien qu’au Maroc, il emploierait, selon les statistiques du Haut-Commissariat au plan (HCP), quelque 40.000 personnes. Et pourtant, depuis sa première réunion du 16 mars dernier, le Comité de veille économique (CVE) n’a aucunement tenu compte de ces dernières, même si nombre d’entre elles sont affiliées à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et paient leurs cotisations au même titre que n’importe quel travailleur d’une entreprise régulière.

Par conséquent, ils sont beaucoup de salariés d’ONG à se retrouver aujourd’hui dans une situation de totale précarité, sans ressource aucune pour subvenir à leurs besoins les plus rudimentaires, d’autant plus qu’en plus du confinement imposé par l’état d’urgence sanitaire, de nombreux bailleurs de fonds n’ont plus simplement de subsides à leur accorder, la crise touchant tout le monde et partout.

Des mesures urgentes
Chose qui a poussé vingt-et-une ONG nationales à adresser un courrier au Chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, pour lui faire part de leurs griefs. “Le statut constitutionnel des associations et leur nature sociale d’utilité publique nécessitent l’adoption de mesures urgentes et claires de la part du gouvernement,” souligne le courrier au-dessous duquel on trouve notamment la signature du Forum marocain des alternatives - Sud (FMAS), de l’Association de lutte contre le Sida (ALCS) ou encore de l’Association démocratique des femmes du Maroc (AFDM).

Ainsi, parmi les mesures revendiquées par les ONG, celle que leurs salariés puissent également bénéficier de l’allocation de 2.000 dirhams mensuels accordée aux employés des entreprises affiliés à la CNSS et actuellement en arrêt de travail temporaire. Les ONG demandent, ainsi, que les salariés en question se voient non seulement reverser les allocations des mois de mai courant et de juin, mais aussi, par effet rétroactif, celles de mars et avril, dont ils ont été privés au titre des dispositions selon elles “discriminatoires” du projet de décret n° 2.20.331.

Aussi, elles ont appelé à une série d’exonérations, notamment sur l’impôt sur le revenu et sur la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), en plus de l’annulation de tous les impôts relatifs à leurs sièges. Par ailleurs, et eu égard à ce qu’elles qualifient de “connaissance du terrain” et de leur “travail fondé sur la proximité”, les ONG ont également regretté de ne pas avoir été associées par l’Etat à sa stratégie de lutte contre la pandémie de Covid-19 et dans son soutien aux familles dans le besoin, car selon elle “c’est une chose nécessaire”.

Ce qui ne les empêche toutefois pas d’être confiantes pour l’avenir et par rapport au fait que le Maroc sortirait d’après elles plus “fort au niveau des liens sociaux et des relations entre l’Etat et la société”, en espérant donc que le CVE les prenne en considération au cours de ses prochaines réunions.


1 commentaire

  • Mansour Essaïh

    14 Mai 2020

    je ne sais pas si je suis dupe ou mal informé ou les deux à la fois. J'ai toujours cru que les ONG et leurs membres sont, respectivement, des personnes morales et physiques volontaires qui donnent toujours et ne reçoivent rien en retour que ce soit en temps de l'âame zine ou en temps de vaches maigres !............................quand l'état a pris en charge l'ensemble des catégories précaires, que reste-t-il à faire par les ONG et pourquoi veulent-elles s'accaparer d'une partie des aides destinées aux couches les plus défavorisées ?