Procès Omar Raddad: La cour de cassation française rend sa décision le 16 décembre prochain

Pour l’avocate de Omar Raddad, cette nouvelle demande de révision du procès s’appuie sur des éléments nouveaux cruciaux et fondamentaux, qui font naître un doute sur sa culpabilité.

Nouveau rebondissement dans l’affaire Omar Raddad. La justice française a examiné, jeudi 25 novembre 2021, à huis clos une nouvelle requête en révision du procès de Omar Raddad, ce jardinier marocain condamné, puis gracié sans jamais être innocenté, pour le meurtre en 1991 de sa patronne, Ghislaine Marchal.

La cour de cassation française a décidé de rendre sa décision le 16 décembre prochain sur la demande de révision de ce procès spectaculaire. «Nous avons été entendus avec Omar Raddad par la commission d’instruction de la Cour de révision et nous attendons sereinement la décision qui sera rendue le 16 décembre prochain», a déclaré son avocate, Maître Sylvie Noachovitch, à l’issue d’une audience à huis clos.

Elle n’a pas voulu préciser la position de l’avocat général sur la demande, mais redit qu’elle attendait sereinement la décision. Se tenant au côté de son avocate, Omar Raddad n’a pas souhaité faire de déclaration. Sa première requête en révision avait été rejetée en 2002. Cette nouvelle demande de Omar Raddad s’appuie sur des éléments nouveaux cruciaux, fondamentaux, qui font naître un doute sur sa culpabilité, a insisté Maître Noachovitch.

Elle base notamment sa requête sur le rapport en 2019 d’un expert ayant fait de nouvelles analyses de traces ADN découvertes en 2015 sur des scellés et qui n’appartiennent pas à Omar Raddad. Ces nouvelles empreintes génétiques correspondent à quatre hommes -deux sont parfaitement exploitables, deux autres partiellement- et ont été retrouvées sur deux portes et un chevron de la cave dans laquelle le corps de Ghislaine Marchal, 65 ans, avait été découvert le 24 juin 1991. Sur ces deux portes avait été écrit avec du sang «Omar m’a tuer».

Le véritable meurtrier
Condamné en 1994 à 18 ans de réclusion, Omar Raddad a bénéficié d’une grâce partielle du président Jacques Chirac, puis d’une libération conditionnelle en 1998. Mais cette grâce n’a pas annulé la condamnation et n’a pas innocenté le jardinier marocain. L’expert Laurent Breniaux, qui a analysé 35 traces d’un des ADN présent dans la fameuse inscription «Omar m’a tuer», favorise, dans son rapport, l’hypothèse d’un dépôt d’empreintes au moment des faits, et non d’une pollution ultérieure par les enquêteurs.

En d’autres termes, ces traces génétiques auraient pu être déposées par l’auteur de l’inscription, qui ne serait alors pas Mme Marchal, mais potentiellement le véritable meurtrier.

«Ces nouveaux éléments représentent un véritable espoir», affirme l’avocate de Omar Raddad, qui s’est dit convaincue qu’ils sont un bouleversement du dossier et font de toute évidence naître un doute sur la culpabilité de Omar Raddad. En fonction de ces nouveaux éléments, la commission d’instruction de la Cour de révision, composée de cinq magistrats, a entamé l’examen de la demande déposée par la défense. Sa décision sera ensuite mise en délibéré à plusieurs semaines, selon une source judiciaire, citée par les médias de l’Hexagone.

Dans son rendu, la commission d’instruction peut soit rejeter la demande, soit ordonner un supplément d’information, soit transmettre à la Cour de révision, laquelle aura alors le dernier mot sur l’organisation d’un nouveau procès.