L’OFFICE DES CHANGES TIRE LA SONNETTE D’ALARME

ÉCHANGES EXTÉRIEURS

Si les derniers indicateurs des échanges extérieurs de l’Office des changes confirment une chose, c’est que la pandémie de Covid-19 est en train de sévèrement grever l’économie nationale.

Les publications traitant de l’économie nationale se suivent et se ressemblent. Après le Haut-Commissariat au plan (HCP) qui établissait dans la note d’information qu’il a publiée le 30 juin une croissance quasi nulle du produit intérieur brut (PIB) -0,1%, l’Office des changes (OC) prenait le lendemain le relais pour rapporter un autre méfait économique de la pandémie de Covid- 19, celui-là au niveau des échanges extérieurs.

Ainsi, l’institution dirigée par Hassan Boulaknadal a révélé, dans un document publié sur son site, que ces échanges ont accusé au cours des cinq premiers mois de l’année une forte baisse par rapport aux cinq premiers mois de l’année 2019, et ce aussi bien au plan des importations (-16,9%) que des exportations (-20,1%). Si l’on compare les mois de mars, d’avril et de mai, correspondant plus ou moins à la période de confinement décrétée au titre de l’état d’urgence sanitaire, aux trois mois les ayant précédés, ces taux sont même pires puisque l’OC les estime à -21,5% pour les importations et -31% pour les exportations.

On serait alors tenté de se satisfaire de la contraction que cela entraîne en ce qui s’agit du déficit commercial -de 12% en un an-, mais en même temps le taux de couverture, qui équivaut au rapport entre la valeur des exportations et celles des importations, a enregistré un recul de 2,3%. Pour ainsi dire, nulle part l’on ne s’en tire à bon compte. Le seul élément à vrai dire clément relevé par l’OC a trait à la facture énergétique, qui a été 28,8% moins coûteuse pour l’Etat marocain en raison des prix à la baisse du pétrole et qui pour rappel avait même connu, le 20 avril, leur plus bas historique à New York (-38,94 dollars le baril).

Mais du reste, l’office a confirmé les tendances mises en évidence le 19 mai à la Chambre des conseillers par le ministre de l’Economie et des Finances, Mohamed Benchaâboun, pour ce qui concerne l’automobile, l’aéronautique, l’électronique et l’électricité et le textile et le cuir: selon l’OC, ces secteurs ont respectivement perdu 39,4%, 14,6%, 7,4% et 33,8% de leurs recettes d’exportations. On peut aussi y ajouter l’agriculture et l’agro-alimentaire (-6,3%) et les phosphates et dérivés (-1,6%). Mais l’OC a surtout mis l’accent, dans son document, sur les voyages, qui ont vu leur rentrées se réduire de 24,2%.

Dans ce sillage, la balance des échanges de service, si elle a su maintenir un excédent -de 28,714 millions de dirhams (MDH)-, il n’en reste pas moins que sa valeur a été tronquée de 16,3%, dans la mesure où cet excédent avait représenté 34,309 MDH pour la même période en 2019. Enfin, les Marocains résidant à l’étranger (MRE) ont envoyé, cette année, 12,4% moins d’argent, de même que les investissements directs étrangers (IDE) ont chuté de 15,9%. Le moins que l’on puisse dire est que l’économie nationale n’a pas intérêt à ce que cette situation dure.


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