OCP : Le président de Guatemala annonce l’installation prochaine d’une usine marocaine d’engrais dans son pays

Déjà fortement présent au Brésil, où il avait d’ailleurs fait part le 12 mai 2022 de sa volonté de se doter d’une usine de production d’engrais, le groupe OCP pourrait également bientôt s’installer dans un autre pays d’Amérique latine, à savoir le Guatemala. C’est le président guatémaltèque, Alejandro Giammattei lui-même qui en a fait l’annonce ce 22 juin 2022 à l’occasion du Conseil national de développement urbain et rural organisé par son pays, en indiquant que ce serait toute la région latinoaméricaine qui serait visée. “Nous en profiterions car cela nous donnerait un coût beaucoup plus faible car il n'y a pas besoin de payer le transport ou les conteneurs,” espère-t-il.

Il faudra encore attendre que le groupe OCP s’exprime sur le sujet pour obtenir davantage de détail, mais il ne serait aucunement surprenant que le géant phosphatier national procède à un tel investissement, pour au moins deux raisons: la première, purement économique, procède du fait que l’Amérique centrale, où se trouve le Guatemala, et particulièrement le Guatemala lui-même, jouissent d’un important potentiel agricole avec notamment la production de sucre et d’huile de palme, et ce serait dans la logique des choses que le groupe OCP se rapproche davantage de ce marché; et la seconde raison, elle, est diplomatique. Car si le Guatemala n’est peut-être pas un acteur de premier plan au niveau international, il n’en reste pas moins un pays qui compte dans la région à laquelle il appartient et, surtout pour le Maroc, un allié privilégié.

A ce dernier égard, le Guatemala a toujours été, depuis l’établissement des relations bilatérales en mars 1971, d’un grand soutien au Royaume dans son combat pour le parachèvement de son intégrité territoriale et avait d’ailleurs appuyé, par la voix de M. Giammattei lui-même, la décision des États-Unis de reconnaître la marocanité de la région du Sahara. A son niveau, le groupe OCP a, ces quinze dernières années, joué un rôle clé dans la politique diplomatique du Maroc, notamment en Afrique, où il a contribué au rapprochement en cours depuis le milieu des années 2010 avec l’Éthiopie et le Nigéria, jusqu’alors réputés pourtant pour plutôt être hostile à la partie marocaine. A croire qu’il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.