LE NUMÉRIQUE POUR CONTOURNER LE CONFINEMENT

LA BATAILLE DE L’APPRENTISSAGE 2.0

La fracture numérique qui était béante dans la société est en train de se réduire. Les entreprises se sont engouffrées dans ce créneau. Le travail à domicile a acquis droit de cité.

C’est l’heure du confinement. Jusqu’au 20 mai prochain. Mais jamais l’apprentissage 2.0 sur Internet n’a été aussi massif. Et nécessaire. Dans plusieurs domaines. C’est que, d’abord, les tutos couvrant le flux quotidien des informations et des recettes données par les internautes est désormais une mine d’or.

Pas besoin d’aller quérir des spécialistes pour réparer, trouver une recette de cuisine, monter un meuble en Kit et tant d’autres choses du quotidien domestique: il suffit d’un clic. Le savoir est là; il faut seulement le trouver; le process est ainsi à portée de main. Les vidéos montrent et expliquent. Il faut citer ici YouTube, bien sûr, et tant d’autres. Les grandes marques s’y sont également mises pour améliorer leur visibilité et assurer une meilleure proximité avec leurs clients. Ces tutos marquent une grande avancée: celle d’une révolution pédagogique.

Le potentiel éducatif est énorme. C’est une montée en compétences. Elle se vérifie avec éclat aujourd’hui dans l’enseignement à distance. Le Maroc s’y est engagé dès le début de la déclaration de l’état d’urgence. L’on ne pouvait se permettre de se borner à la fermeture des écoles, des lycées et des universités et voir venir… Il faut bien relever que le ministre de l’Éducation nationale, Saïd Amzazi, a été très réactif. C’est un succès qui est soutenu par l’adhésion de tous.

Le corps enseignant, souvent critiqué, a été à la hauteur de la nouvelle situation; il a répondu présent et il s’est mobilisé. La mayonnaise a bien pris. C’est une transformation qui est en cours; elle se fait; et elle capitalise un savoir-faire général. Les entreprises se sont engouffrées dans ce créneau. Le travail à domicile, bien marginal, a acquis droit de cité. Toutes ne sont pas parties prenantes, notamment celles relevant des TMPE dans divers secteurs. Mais le basculement s’est fait et il va reformater sur de nouvelles bases le travail et les rapports sociaux. Sans accompagnement, il est sans doute difficile de se motiver pour utiliser son ordinateur ou pour un élève d’apprendre sans accompagnement. Mais le pli est pris et c’est un acquis.

La fracture numérique qui était béante dans la société est en train de se réduire. Dans le système scolaire et plus globalement éducatif. Mais cela se vérifie également dans des secteurs sociaux jusqu’alors en marge. La même facilité a été accordée aux inscrits au RAMED ainsi qu’aux travailleurs du secteur informel pour faire valoir leurs droits à cette aide sociale. Dans les coins les plus reculés du Royaume, c’est là un accès au numérique. Les quelque 18 millions d’internautes marocains vont ainsi élargir leur insertion dans la vie sociale 2.0. Une société numérique s’installe largement; elle ne peut que capitaliser cet acquis. Et le valoriser à terme.

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