DISCOURS DE LA MARCHE VERTE 2023

La nouvelle vocation atlantique du Maroc

La nouvelle vision atlantique annoncée par le roi Mohammed VI dans son discours du 6 novembre 2023 ouvre la porte à de nombreuses possibilités économiques. Non seulement pour le Maroc, mais pour toute la région.


“Notre souhait est que la façade atlantique devienne un haut lieu de communion humaine, un pôle d’intégration économique, un foyer de rayonnement continental et international”. Cet extrait résume parfaitement la nouvelle vision annoncée le 6 novembre 2023 par le roi Mohammed VI dans son discours à l’occasion du 48ème anniversaire de la Marche verte. Un véritable mot d’ordre qui n’a pas manqué de faire réagir aussi bien à l’intérieur du Maroc qu’à l’étranger, et ce au vu de son ampleur et de son éventuel impact qui devrait bénéficier à plusieurs pays notamment en Afrique.

Échanges commerciaux
Car, il faut le rappeler, le versant atlantique du Royaume s’étend sur environ 3.000km et lui permet une ouverture sur plusieurs continents, avec tout ce que cela implique comme opportunités en termes d’échanges commerciaux et d’investissements notamment. Pour fructifier ce potentiel, le Maroc se doit tout d’abord de renforcer ses infrastructures sur les côtes atlantiques, notamment celles situées au Sahara marocain. Un point que Mohammed VI a soulevé dans son discours, faisant allusion aux chantiers qui sont en cours de réalisation ou réflexion dans ces provinces, à commencer par le très attendu port de Dakhla Atlantique, dont les travaux devraient s’achever d’ici 2028. Un projet que beaucoup souhaitent voir atteindre le même succès du port Tanger Med, afin de consolider la position du Maroc comme principal hub portuaire dans toute la région.

À ce projet colossal s’ajoute également celui de la voie express Tiznit-Dakhla, dont le taux d’achèvement atteignait, fin octobre 2023, plus de 90%. Réalisé dans le cadre du programme de développement des provinces du Sud, qui a été lancé en novembre 2015 sous les propres auspices de Mohammed VI, ce chantier routier a mobilisé un investissement de 10 milliards de dirhams. Il concerne pas moins de 1.055 kilomètres, répartis sur deux axes. Le premier, celui de Tiznit-Laâyoune, a été transformé en voie express. Le second, entre Laâyoune et Dakhla a vu sa route doublée, renforcée et élargie.

Rapports gagnant-gagnant
Ces infrastructures ainsi que d’autres qui sont vouées à voir le jour, seront mises à la disposition des pays africains pour les aider dans leurs efforts de développement, conformément aux choix du Maroc qui reposent sur la coopération et les rapports gagnant- gagnant pour atteindre la prospérité. “Ainsi, pour favoriser l’accès des Etats du Sahel à l’océan Atlantique, Nous proposons le lancement d’une initiative à l’échelle internationale”, a annoncé Mohammed VI. Et de préciser sa pensée: “Parce que nous sommes convaincu que cette initiative transformera substantiellement l’économie de ces pays frères et, au-delà, toute la région, le Maroc est disposé à mettre à leur disposition ses infrastructures routières, portuaires et ferroviaires.” Au même égard, le vice-président de l’Assemblée législative de transition au Burkina Faso, Daouda Diallo, a salué, le 7 novembre 2023 à Rabat à l’issue de ses entretiens avec le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, les propositions émises par le Mohammed VI. «Sa Majesté le Roi a décidé de nous aider et cette décision arrive à point nommé», a-t-il déclaré, rappelant que son pays fait face à des “difficultés et a besoin d’embouchures pour pouvoir exporter ses produits et impulser son développement.”

Pour financer cette vision ambitieuse, Mohammed VI a invoqué entre autres la “prospection poussée des ressources naturelles offshore”. De quoi mettre la lumière à nouveau sur la délimitation de la zone économique exclusive (ZEE) avec l’Espagne et toutes les possibilités que cela pourrait procurer pour profiter des richesses minières, énergétiques et halieutiques dont regorge tout cet espace maritime. Mohammed VI a d’ailleurs appelé à investir davantage dans les filières de la pêche maritime, le dessalement de l’eau de mer à des fins agricoles, l’encouragement de l’économie bleue et le soutien aux énergies renouvelables. Sans oublier l’appel à une stratégie pour un tourisme atlantique, “dont la vocation serait de mettre en valeur les nombreuses potentialités de la région et, ainsi, de la consacrer comme une véritable destination pour la pratique du tourisme balnéaire et saharien.”

Articles similaires