Un nouvel endettement

LES RÉSERVES DE CHANGES DOPÉES PAR UNE ALLOCATION DE 1,2 MILLIARD DE DOLLARS DU FMI

Le FMI lance l’opération d’émission de 650 milliards de dollars de DTS (droit de tirage spécial), pour faire face aux difficultés de liquidités dans le monde. La quote-part du Maroc est de 1,2 milliard de dollars, soit plus de 10 MMDH.

À l’instar de ce qui s’est passé durant la crise économique mondiale de 2009, le FMI se prépare actuellement à lancer une nouvelle opération d’émission de DTS (droit de tirage spécial) dans le but de faire face aux difficultés de liquidités dans le monde du fait de la pandémie du Covid- 19. Cette fois, la manne financière est de 650 milliards de dollars. La quote-part du Maroc est de 1,2 milliard de dollars (un peu plus de 10 milliards de dirhams).

Pour un pays comme le Maroc, l’avantage est qu’une fois émis les DTS peuvent être utilisés soit en monnaie de réserve permettant de stabiliser la valeur de la monnaie intérieure ou être convertis en devises afin de financer des investissements. De plus, les DTS, dont le taux d’intérêt est proche de 0%, présentent l’avantage de se procurer des devises fortes sans avoir à débourser des montants colossaux pour payer des intérêts. Chaque pays est libre de les utiliser ou pas.

Dans le cas du Maroc, le gouverneur de la banque centrale, Abdellatif Jouahri, a déclaré, lors du dernier point de presse organisé par la banque centrale à l’issue de la deuxième réunion trimestrielle de l’année 2021 de son Conseil, que le Maroc reste rassuré par rapport à son matelas de devises, qui couvre plus de 7 mois à l’importation et qu’il devrait bénéficier encore de nouvelles entrées de devises, notamment dans le cadre de l’émission de DTS (Droit de tirage spécial) prévue par le FMI.

Matelas de devises
«Les avoirs officiels de réserve se situeraient à fin 2021 à 328,5 milliards de dirhams, ou l’équivalent de 6 mois et 25 jours d’importations de biens et services, et se renforceraient à fin 2022 à 338,6 milliards ou 7 mois d’importations de biens et services», a-t-il précisé. Ces prévisions prennent en compte bien évidemment les flux prévus du financement extérieur du Trésor sans oublier les investissements étrangers et les transferts des Marocains du monde ou encore les retombées de l’opération Marhaba.

Ce qui veut dire que le Royaume utilisera cette manne qui en vérité est une nouvelle forme d’endettement. Car le montant des DTS alloués est inscrit au passif du bilan de la banque centrale en tant qu’engagement à l’égard du FMI. Sachant que les réserves en devises sont satisfaisantes, ce nouvel endettement va compliquer davantage la situation du pays surtout que la dette publique globale (Trésor et établissements publics) dépasse les 100% du PIB.

C’est dire que les DTS ne sont pas une offrande mais bel et bien un endettement supplémentaire. Quoi que les intérêts approchent de 0%, cela n’empêche que c’est un fardeau pour les finances publiques et que désormais les emprunts, sous toutes leurs formes, doivent être limitées pour ne les autoriser qu’en cas de grande nécessité.