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Un nouveau départ pour les entreprises en difficulté

RELANCE ÉCONOMIQUE ET CRÉDITS GARANTIS PAR LA CCG

La flexibilité qui a entouré jusque-là la reconversion des crédits de la relance économique destinés aux opérateurs économiques est perçue comme une nouvelle bouffée d’oxygène en ces temps de crise.

La relance économique n’est pas encore au rendez-vous. Les répercussions de la pandémie du coronavirus sont ressenties, à géométrie variable, par les entreprises, toutes tailles et tous secteurs confondus. Bien que les plus petites ou les PME subissent le plus les effets de cette morosité.

Perçus comme une soupape, les deux dispositifs exceptionnels de financement couverts et garantis par l’Etat à travers la Caisse centrale de Garantie (CCG), en l’occurrence les crédits Oxygène et Relance, lancés le premier en mars et le second en juin 2020, dans le cadre de la mise en oeuvre des mesures décidées par le Comité de veille économique (CVE), ont permis peu ou prou d’atténuer les effets de la crise induite par la pandémie de Covid-19 sur les entreprises.

Oxygène permet aux banques de mettre en place rapidement des découverts exceptionnels pour financer le besoin en fonds de roulement des entreprises cibles. Celles-ci devaient rembourser la totalité du crédit après l’expiration d’un différé de six mois, à compter de janvier 2021. Relance, lui, a été accordé aux entreprises impactées, gravement, par l’arrêt de l’activité dû au confinement, mais pas seulement.

Reconversion des crédits
Les entreprises qui réalisent plus de 10 millions de dirhams de chiffre d’affaires devront, entre autres, afficher un ratio dette bancaire/excédent brut d’exploitation (EBE) inférieur ou égal à 7 et renoncer à la distribution de dividendes en cash pendant la durée du différé. La CCG, pour rappel, a accordé aux banques une délégation de la décision d’octroi de la garantie pour les dossiers inférieurs à 1 million de dirhams de manière quasi automatique. A cela s'ajoute le relèvement du niveau de la délégation à 2 millions de dirhams pour le crédit Oxygène et 5 millions de dirhams pour le crédit Relance pour un déblocage rapide des crédits.

Mais, depuis, qu’en est-il de la capacité des petites et moyennes entreprises à honorer leurs engagements vis-à-vis des banques? Nombre d’entre elles peinent à rembourser leurs crédits. Ces entreprises bénéficiaires trouvent des difficultés pour honorer leurs engagements car la conjoncture n’a pas été suffisamment bonne pour leur permettre un véritable redécollage. Leurs efforts butent sur une chaîne de la machine économique dont certains maillons sont soit bloqués soit en baisse de régime. Aussi, les impayés compliquent davantage la situation de leur trésorerie. La seule issue de secours était la conversion de leur crédits court terme en crédits à moyen terme.

La formule semble porter ses fruits grâce à l’implication des banques de la place mais aussi et surtout de la CCG. Contacté par Maroc Hebdo, Hicham Serghini Zanati, directeur général de la CCG, assure que certains crédits Oxygène, arrivés à l’échéance de remboursement, ont été convertis par des entreprises en difficultés, de crédits court terme en crédits à moyen terme sur 5 ans. Du coup, rien ne change, ni le taux ni la garantie de la CCG. Nombreuses sont les entreprises qui ont vu leur chiffre d’affaires baisser de 20, 30 ou 40% en 2020, nous apprend M. Serghini. Cette situation a été prise en compte autant par les banques que par la Caisse centrale de garantie.

En vérité, dans ce plan de relance économique, la CCG a joué et joue encore un rôle capital. M. Serghini assure que dans le cadre des crédits garantis Oxygène et Relance, le bilan de l’année 2020 révèle qu’au 31 décembre, «pas moins de 86.000 opérations de garantie de crédits dont 49.4000 pour Oxygène ont été consentis en faveur de 66.200 entreprises. Il s’agit là d’un volume de crédits de plus de 53 milliards de dirhams. Sur les 86.000 crédits garantis, 84% ont bénéficié à des TPE, 15% à des PME, et le 1% restant a été destiné aux entreprises de taille intermédiaire (ETI) et grandes Entreprises (GE)».

Petit détail d’une grande importance, c’est que sur les 86.000 crédits octroyés, il faut compter les deux mécanismes de financement, Oxygène et Relance. Par secteurs d’activité, l’industrie et le commerce/distribution accaparent respectivement 29% du volume des crédits octroyés par les banques à fin 2020, suivis par le BTP avec 15% et les services avec 8%. Pour M. Serghini Zanati, les mécanismes de garantie mis en place par l’Etat via la CCG ont eu le mérite de faciliter l’octroi par les banques de prêts de trésorerie aux entreprises qui ont subi de plein fouet les conséquences de la pandémie de Covid-19 et qui devraient compenser la baisse de leur chiffre d’affaires et honorer ainsi leurs charges fixes.

La flexibilité qui a entouré jusque-là la reconversion des crédits de la relance économique destinés aux opérateurs économiques est perçue comme une nouvelle bouffée d’oxygène en ces temps de crise. Surtout que la reprise, à en croire la Banque centrale ou le Haut-Commissariat au Plan, ne débutera qu’à partir de 2022.