ARTISTE SLAMEUSE

Noussayba, l’esprit couscous

Entre poésie, slam, et enseignement, l’artiste Noussayba Lahlou, vient de dévoiler «Couscous Mind», un clip qui ouvre les portes de son monde intérieur, riche en couleurs, réflexions et mélancolie.


Noussayba Lahlou, auteure et slameuse, vient de marquer les esprits avec la publication de son premier clip «Couscous Mind» sur Youtube il y a trois semaines. Mais ce ne sera certainement pas un one hit wonder. Pourquoi ce titre intriguant? Noussayba nous raconte: «Un ami m’a souvent décrit comme ayant un ‘esprit couscous’. Peut-être que pour certains, cela ne signifie rien, mais pour moi, c’est lourd de sens. Cela évoque la profusion d’idées et de projets que j’ai, qui vont dans tous les sens, un peu comme les ingrédients d’un couscous. Un mélange hétéroclite, mais qui, ensemble, crée une harmonie. » Ainsi, cette jeune artiste de 28 ans, originaire d’El Ksar el Kébir, promet déjà de captiver son audience avec un nouvel album riche de plus de 20 chansons. Ces oeuvres, peaufinées durant une résidence artistique, se veulent non seulement un reflet de sa maturité de son talent mais aussi de la profondeur de son exploration artistique et devraient être dévoilées très prochainement.

Atmosphère intimiste
Son tout dernier clip «Couscous Mind», où elle se dévoile dans un caftan de couleur blache et bleue, oscille entre réflexion et mélancolie et représente une fenêtre ouverte sur son univers. Les changements de couleurs, la lecture solitaire, le jeu avec ses cheveux mi-longs, châtains clairs, contribuent à créer une atmosphère intimiste, presque sacrée. «Ce clip, c’est un peu de moi que je partage. C’est mon introspection, ma solitude, mes doutes, mais aussi ma force,» nous confie Noussayba dans un appel téléphonique. Ce premier succès visuel est une invitation à plonger dans la complexité de son esprit, marqué par un entrelacs de cultures, de langues et de sentiments.


En effet, diplômée en littératures francophones, d’abord d’une licence de la faculté d’El Jadida, où elle a grandi et où sa famille continue à vivre, puis d’un master dans la grande métropole de Casablanca, Noussayba a toujours eu un penchant pour la poésie et l’expression à travers les mots. Le slam est devenu son médium de prédilection, un espace où sa voix trouve son écho, à travers des influences arabe, française et francophone. «J’ai été bercée par Fayrouz, inspirée par des poètes comme Baudelaire et des auteurs comme Kundera. Mais c’est dans le slam que j’ai trouvé mon véritable espace d’expression», explique- t-elle. Noussayba révèle avec une nuance de mélancolie que c’est l’oeuvre de Grand Corps Malade qui l’a initiée au slam durant ses années lycéennes. «C’est à lui que je dois ma découverte du slam», confie-t-elle.

L’artiste ne s’arrête pas à la création personnelle; elle est profondément engagée dans la promotion du slam au Maroc à travers l’organisation d’ateliers pour les jeunes. Cette démarche vise à démocratiser cet art et à offrir un espace d’expression essentiel. «Le Maroc regorge de talents inouïs. À travers des initiatives comme le festival de Klam, je souhaite créer des ponts, des rencontres, pour que la jeunesse puisse s’exprimer librement », souligne Noussayba.

Aujourd’hui, Noussayba Lahlou se prépare à franchir une nouvelle étape de sa carrière avec la sortie de son album. En plus de son engagement social, l’artiste nous confie qu’elle va se concentrer désormais sur sa passion pour le slam et sa carrière artistique. Une carrière qui promet d’être aussi riche et nuancée que le mélange des saveurs dans un couscous marocain.

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