Noureddine Bensouda veut des comptes publics plus transparents

RÉFORME DE LA COMPTABILITÉ DE L’ETAT

Pour le Trésorier général du Royaume, la réforme comptable de l’État ainsi que la consolidation des comptes du secteur public pourraient participer à plus de transparence, de reddition des comptes et de renforcement du contrôle de la représentation nationale sur les agences au Maroc.

Les comptes de l’État suscitent souvent un débat enflammé sur la manière dont ils sont gérés. Au Maroc, la comptabilité publique est l’un des chantiers qui préoccupent les hauts responsables politiques. La Trésorerie générale du Royaume accorde une place importante à cette question. Samedi 18 juin 2022, elle a organisé un grand colloque sous le thème, «Agencification du secteur public: Entre l’ambition de la performance et les dérives de la mise en oeuvre».

Pour le Trésorier général du Royaume, Noureddine Bensouda, la réforme comptable de l’État ainsi que la consolidation des comptes du secteur public jouent un rôle crucial en matière de facilitation de l’Agencification du secteur public. Ils pourraient ainsi participer à plus de transparence, de reddition des comptes et de renforcement du contrôle de la représentation nationale sur les agences au Maroc. Il a, dans ce même contexte, relevé que l’agencification du secteur public, devenue visible ces dernières années, a toujours suscité beaucoup de débats entre partisans et opposants de ce mode de gestion publique.

Nouvelle gouvernance financière
Parallèlement à la base de l’engouement pour l’agencification se trouve l’attrait pour les modèles de gestion du secteur privé, considérés comme plus légers, plus souples et plus pragmatiques. La prolifération des agences dans le secteur public et l’essor qu’elles ont connu, sont motivés par la recherche de performance et de rationalisation qui nécessitent, selon les partisans, de se délester du poids de la bureaucratie et de ce qui fait la rigidité de l’administration publique.

Pour sa part, le professeur universitaire et président de la Fondation internationale de finances publiques, Michel Bouvier, a fait observer qu’un tour d’horizon préalable sur le phénomène de l’utilisation des agences par le secteur public amène à faire un parallèle avec le nouveau cadre institué par les réformes budgétaires contemporaines, comme la Loi organique relative à la loi de Finances (LOF) au Maroc ou en France.

Ce cadre procède en effet d’une logique d’agence et a pour principaux axes une spécialisation et une globalisation des crédits par programmes, assorties d’une logique d’objectifs et de résultats, autrement dit, d’une évaluation de la performance, notant que le principe de base étant une responsabilisation des décideurs et des gestionnaires publics.

Selon M. Bouvier, également directeur de la Revue française des finances publiques, la nouvelle gouvernance financière publique ne se borne pas à autonomiser les responsables de programmes en leur attribuant des moyens, dont ils peuvent disposer à leur guise (ou presque), pour atteindre les objectifs fixés. Ils sont également jugés sur leurs résultats et leur action s’inscrit dans le cadre d’une logique de la performance.

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