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Et si Nouakchott tournait définitivement le dos au Polisario?

RECONNAISSANCE DE LA SOI-DISANT “RASD”

Selon des sources locales, la capitale mauritanienne s’apprêterait à retirer sa reconnaissance de l’entité séparatiste polisarienne.

Il va sans dire que l’axe Rabat- Nouakchott n’a jamais aussi bien tourné que depuis l’élection, fin juin 2019, de Mohamed Ould Ghazouani à la présidence de la Mauritanie. Ce dernier avait d’ailleurs lui-même exprimé, aux côtés du roi Mohammed VI au cours de l’appel qu’ils avaient eu le 21 novembre 2020, sa “grande satisfaction du développement rapide que connaît la coopération bilatérale”, et si l’on en croit certaines parties mauritaniennes, un retrait par la voisine du Sud de sa reconnaissance de la soi-disant “République arabe sahraouie démocratique” (RASD) serait carrément, désormais, dans le pipe.

Le journal électronique mauritanien Anbaa a ainsi affirmé, dans un article largement commenté par la presse maghrébine, que M. Ould Ghazouani tiendrait à ce qu’avant la fin de son actuel mandat, prévu en 2024, il couperait tout lien avec l’entité séparatiste, au nom de laquelle le Front Polisario revendique la partie du Sahara marocain anciennement colonisée par l’Espagne et que la Mauritanie avait autorisée, sous pression de l’Algérie, à disposer d’une ambassade à Nouakchott -c’est à Alger qu’avaient été conclus, début août 1979, les accords afférents.

Faire avancer le développement
Anbaa cite, à ce propos, “une source ayant préféré garder l’anonymat”, laquelle source aurait notamment insisté sur la nécessité de se plier au référentiel de l’Organisation des Nations unies (ONU), qui n’ont finalement, à ce jour, jamais admis la soi-disant “RASD” en leur sein. La même source aurait, par ailleurs, expliqué que la dimension de la Mauritanie, “ayant maintenant des relations fortes avec tous les pays voisins et bénéficiant du respect de tous ses frères arabes et africains”, a bien changé par rapport à il y a une quarantaine d’années, ses forces armées (FARIM) étant dorénavant “à l’avant-garde des armées du continent” et ne redoutant plus, par là même, de “réaction du Polisario avec appui militaire algérien”.

“Le retrait par la Mauritanie de la reconnaissance du Polisario corrigerait sa position neutre et représenterait un premier pas positif et nécessaire vers une solution réaliste et consensuelle acceptée par tous les frères, faisant avancer le développement économique de la région et mettant fin à la tragédie de milliers de familles isolées dans les camps [de Tindouf],” conclut l’article. Il faudra, bien sûr, prendre l’article d’Anbaa avec des pincettes, mais il n’en reste pas moins qu’il n’y a pas de fumée sans feu. L’appel susmentionné entre le roi Mohammed VI et M. Ould Ghazouani était intervenu huit jours après l’intervention des Forces armées royales (FAR) dans la zone de Guergarat, à la frontière avec la Mauritanie, et d’aucuns y avaient vu un soutien tacite du président mauritanien dont le pays avait été affecté par les manoeuvres du Polisario pour bloquer la circulation des biens et des personnes dans la région. M. Ould Ghazouani est d’ailleurs invité à visiter le Maroc, “son deuxième pays”, comme l’avait souligné à cette occasion le roi Mohammed VI.