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Normalisation avec Israël: du Rififi chez les Islamistes

Ils sont nombreux encore, au sein du PJD, à refuser tout bonnement que le gouvernement issu du rang du parti de la lampe ait cautionné le rétablissement des relations avec l’Etat hébreu.

La décision prise par le Parti de la justice et du développement (PJD) de soutenir le rétablissement des relations avec Israël continue de faire du remous au sein de la mouvance islamiste. Ayant gelé son adhésion au parti suite justement à cette position de ce dernier, le député Abouzaid El Mokrie El Idrissi a carrément appelé, dans un live diffusé ce samedi 13 février 2021 sur sa page Facebook, à voter contre le PJD aux élections qui doivent se tenir cette année.

Pour lui, le PJD a trahi ses valeurs et, par là même, les électeurs qui lui ont permis d’arriver en tête des deux dernières législatives du 25 novembre 2011 et du 7 octobre 2016. M. El Mokrie El Idrissi a, dans le même sens, également reproché à son parti de toujours d’avoir joué un rôle, au titre de loi-cadre adoptée début août 2019, dans la refrancisation en cours de l’enseignement, alors qu’il faisait jusqu’alors du maintien de l’arabe dans les écoles un quasi dogme.

Ce qui, aux yeux du concerné, fera passer, à raison selon lui, le PJD et son leadership pour des bonimenteurs, usant de certaines “causes” comme simple fond de commerce. Une position que semblent partager de nombreux membres du PJD, ayant également au cours du dernier mois remis leur tablier.

Lien de cause à effet
Car M. El Mokrie El Idrissi n’a pas été le seul à prendre, depuis l’annonce de la normalisation avec Israël, ses distances. Parmi les démissionnaires on peut aussi trouver le député-maire de Casablanca, Abdelaziz El Omari, qui bien qu’il ne se soit pas vraiment exprimé à ce sujet a laissé fuiter dans les médias qu’il y avait un lien de cause à effet. Le secrétaire général du PJD et Chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, a toutefois indiqué, dans un entretien, que le retrait de M. El Omari n’avait pas été avalisé et que, de fait, ce dernier continuait de siéger au secrétaire général.

Également membre du secrétariat général du parti, le ministre de l’Énergie, Aziz Rabbah, avait, lui, pris une position publique totalement à rebours en déclarant à la télévision que s’il avait à se rendre en Israël il le ferait et qu’il agirait dès lors en tant que représentant de l’État. M. Rabbah avait justement pris part, le 15 janvier 2021, à une réunion avec plusieurs de ses homologues de la région MENA au titre desquels figurait notamment l’Israélien Yuval Steinitz. M. El Mokrie El Idrissi ne l’a d’ailleurs pas épargné dans son live.

Plus nuancé, l’ancien secrétaire général du PJD, Abdelilah Benkirane, était venu à la rescousse de M. El Othmani et de son gouvernement en arguant du fait que le parti devait s’unir, indépendamment de ses convictions profondes, autour de la personne du Roi et ne pas susciter une crise institutionnelle en refusant de cautionner la normalisation. M. El Othmani avait par la suite repris le même propos, plus tard, dans un discours. Sans, visiblement donc encore, convaincre tout le monde.