Normalisation avec Israël: La leçon de patriotisme de Benkirane

L’ancien Chef du gouvernement et ancien secrétaire général du PJD est sorti de son silence volontaire pour appeler à la raison ceux qui exigent de Saâd Eddine El Othmani qu’il démissionne en raison du rétablissement des relations diplomatiques avec Tel-Aviv.

Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, l’ancien Chef du gouvernement et secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD), Abdelilah Benkirane, reste un patriote. Et il en a encore donné la preuve ce 23 décembre 2020 sur Facebook, à travers le live qu’il a diffusé sur sa page sur le réseau social pour appeler ses “frères” islamistes à revenir à la raison et privilégier les intérêt de la nation à ceux, étroits, de leur formation, à l’heure où il s’agit de consolider l’intégrité territoriale du Maroc à l’échelle internationale suite notamment à la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté du Royaume sur son Sahara.

Car dans les jours précédents, beaucoup de PJDistes étaient montés au créneau pour désavouer leur secrétaire général et actuel Chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, surtout après que ce dernier eut apposé, le 22 décembre devant le roi Mohammed VI au palais royal de Rabat, sa signature au-dessous de la déclaration conjointe maroco-américano- israélienne, dans le cadre du rétablissement des relations diplomatiques avec Israël.

Position personnelle
M. El Othmani a, on le sait, une position personnelle opposée à toute forme de normalisation avec Israël, comme il l’avait exprimé le 23 août au 16ème Forum national de la jeunesse du PJD à Rabat, mais il a quand bien même fait contre mauvaise fortune bon coeur étant donné que la première cause nationale est en jeu.

Ce que M. Benkirane n’a pas manqué, sur un ton volontairement réprobateur, de souligner, en mettant particulièrement l’accent sur la nécessité qu’il y avait, en ces temps décisifs, à faire l’union sacrée autour du roi Mohammed VI. D’autant plus que sans ce dernier, a-t-il rappelé, il n’y aurait peut-être pas de PJD aujourd’hui, car alors que d’aucuns, dans les milieux sécuritaires, appelaient à la dissolution du parti de la lampe en raison de sa prétendue responsabilité morale eu égard aux attaques terroristes du 16 mai 2003 à Casablanca, le Souverain s’y était personnellement opposé.

M. Benkirane a, en outre, signalé qu’en dehors des critiques de certains médias, tous ceux qui, comme par exemple le Mouvement unicité et réforme (MUR), le bras prosélyte du PJD, ne voient pas d’un bon oeil que le Maroc prenne langue avec Tel-Aviv ont pu s’exprimer à leur guise, mais qu’en demandant la démission de M. El Othmani de son poste de Chef du gouvernement, ils faisaient courir de grands périls à leur pays, en ce que toute éventuelle instabilité institutionnelle jouerait en sa défaveur.

Une belle leçon de patriotisme de la part de celui qui, ces derniers mois, avait fait le choix volontaire de s’éclipser après avoir alimenté la chronique nationale au cours des débats sur la langue d’enseignement -il s’était opposé de front à la refrancisation du système éducatif, finalement actée par le parlement le 22 juillet 2019- et qui, le 10 juin, confiait au journal électronique Arabi21 qu’il “ne veu[t] pas être considéré comme mort avant de mourir”