Non, il n'y a pas eu de brutalité policière à ce jour

C’est un témoignage d’un représentant de la presse marocaine, considérée comme un garde-fou, un contre-pouvoir. La police a relevé le défi haut la main.

Soyons sérieux. Ce n’est pas parce qu’il y a eu un petit clash, vite dissipé, entre le ministère de l’Intérieur et la presse marocaine concernant l’interdiction des déplacements nocturnes des journalistes pendant le mois de Ramadan qu’on va cautionner un rapport parsemé de fausses informations. Non, non, il n’y a pas eu de brutalité policière depuis le début du confinement à ce jour. Personnellement, je ne me rappelle pas avoir lu une consoeur ou un confrère évoquant une quelconque brutalité. Mais d’abord, remontons le fil de cette histoire.

L’ONU est inquiète des revers du confinement dans une douzaine de pays en guerre contre le Covid- 19, dont le Maroc. Elle l’a fait savoir à travers son bureau des droits de l’Homme, lundi 27 avril 2020. Dans le communiqué du bureau des droits de l’Homme des Nations-Unies, on lit que la police a arrêté ou détenu des centaines de milliers de personnes et tué d’autres. Et ceci à cause du non-respect de l’état d’urgence déclaré dans une douzaine de pays pour contrer le coronavirus.

Mais ils parlent de la police d’ailleurs. Pas de la police marocaine. A celleci, pour être neutre, Georgette Gagnon, directrice des opérations sur le terrain du Haut-commissariat des Nations-Unies aux droits de l’Homme, a dénoncé l’usage excessif de la force pour imposer le confinement par la police et les forces de l’ordre dans certains pays comme le Maroc. Pour elle, les mesures d’urgence exceptionnelles sont comme une culture de confinement toxique.

Car, des dizaines de milliers de personnes sont arrêtées et détenues pour violation du confinement lié au coronavirus. L’objectif pour la représentante du Haut-commissariat des Nations- Unies aux droits de l’Homme, c’est d’obliger les populations à respecter les mesures d’urgence exceptionnelles instaurées pour contrer le Covid-19. Qu’à cela ne tienne. Contentons-nous de cet angle de vue.

Si c’est pour faire respecter la loi sur le confinement et éviter que des millions de vies soient perdues, la police applique les dispositions réglementaires, que peut-on lui reprocher? Et d’ailleurs sur plus de 61.000 arrestations, la moitié seulement ont été déférés devant la justice. Les petites infractions sans gravité ou non préméditées ont été traitées avec indulgence. Mieux que cela, la police a fait face avec retenue aux rumeurs qui incitaient à la violation des consignes de confinement et même à des agressions verbales.

Bref, même s’il y a eu quelques abus mineurs ou des cas isolés ci et là, des faits majeurs n’ont pas été constatés. Je fais partie des journalistes qui se déplacent quotidiennement entre le domicile et le lieu du travail et qui font des petites virées pour constater de visu ce qui se passe sur le terrain. C’est donc un témoignage d’un représentant de la presse marocaine, considérée comme un garde-fou, un contre-pouvoir.

La police a relevé le défi haut la main. Je le dis et le redis. Et la presse marocaine a été à la hauteur des attentes du peuple marocain en prenant le risque et en sensibilisant et supervisant et accompagnant la stratégie publique de lutte contre la pandémie Covid-19. Dire les choses bien faites, et dénoncer les failles et les dysfonctionnements. Cette mission, nous journalistes, nous l’avons bien assumée. En bons citoyens, nous l’assumons.


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