Nomination du nouveau gouvernement: ce ne sera pas de tout repos!

Maintenant que les membres de la nouvelle équipe gouvernementale sont aux commandes, ils méritent toute notre confiance, jusqu’à preuve du contraire. En tout cas, leur mission ne sera pas facile.

Le suspense n’a pas duré très longtemps. Presque un mois, jour par jour, après les résultats du scrutin du 8 septembre 2021, le gouvernement Akhannouch est officiellement investi à la suite de la nomination de ses membres par S.M. le Roi Mohammed VI, au palais royal de Fès, dans l’après-midi du jeudi 7 octobre 2021. De nouveaux visages, des jeunes, sept ministres femmes (au lieu de quatre dans le gouvernement sortant) et des sages, voici les caractéristiques saillantes de la radioscopie de cette nouvelle équipe qui, somme toute, inspire le renouveau tant attendu par le Souverain et les Marocains. D’un point de vue politique, un certain équilibre a été respecté dans la composition de ce gouvernement.

Ce dont on peut être certain, c’est que M. Akhannouch n’a pas eu la tâche facile pour satisfaire l’un ou l’autre allié de sa majorité confortable et en même temps il n’a pas été un négociateur très conciliant. Commençons par le parti de l’Istiqlal, qui a toujours milité pour s’octroyer le département de l’Equipement. On savait qu’il se montrerait intransigeant quant à ce poste ministériel de poids. Et c’est le chef du parti, Nizar Baraka, qui se l’accorde. Le patron du PAM, Abdellatif Ouahbi, avocat de son état, a accaparé le département de la Justice.

Qu’un avocat soit ministre de la Justice n’a pourtant rien d’exceptionnel! Le RNI de Aziz Akhannouch a gardé tous les postes stratégiques qu’il détenait au sein du gouvernement El Othmani, dont principalement l’Agriculture (où succède à M. Akhannouch lui-même son numéro deux au ministère, Mohamed Sadiki), et l’Economie et les Finances (avec Nadia Fettah Alaoui, ex-ministre du Tourisme). Cerise sur gâteau, il obtient également le ministère de la Santé, avec Nabila Rmili, également nouvelle maire de Casablanca.

Les titulaires des ministères régaliens ont été reconduits. Ainsi, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, est maintenu dans ses fonctions dans un contexte de tensions régionales avec l’Algérie. Abdelouafi Laftit conserve le portefeuille de l’Intérieur et Ahmed Toufiq celui des Affaires Islamiques.

Maintenant que les membres de la nouvelle équipe gouvernementale sont aux commandes, ils méritent notre confiance, jusqu’à preuve du contraire. En tout cas, leur mission ne sera pas de tout repos. Au regard d’abord du contexte sanitaire actuel, et ensuite de celui socio-économique inextricable qu’a engendré le premier à coups de restrictions et de limitations de déplacements, les ministres du cabinet Akhannouch seront attendus au tournant, généralement, par des Marocains lassés et affaiblis par la pandémie et ses conséquences socio-économiques (chômage, érosion du pouvoir d’achat, inflation des prix…) et particulièrement par des entrepreneurs en quête de visibilité. Force est de constater que l’on avance à pas de tortue sur le terrain de la relance économique.

Le nouveau patron de l’Exécutif ne part pas en terrain inconnu. La situation économique et financière du pays, il la connaît sur le bout des doigts. C’est sur ce front que sera concentré l’essentiel de sa feuille de route. Des défis d’une extrême importance doivent être relevés en 2022 dans le sillage d’une campagne de vaccination dont la réussite est une condition sine qua non pour relancer la machine économique.

Et il y a un autre front qu’il va falloir affronter. C’est celui de l’extérieur, où des attaques systématiques nous viennent davantage des plus proches, qui tentent de nous déstabiliser par rapport à notre intégrité territoriale et à notre stabilité. M. Akhannouch dispose d’une majorité étendue aussi bien à la Chambre des représentants qu’à la Chambre des conseillers qui le conforte dans ses choix et orientations.

Mais attention, on sait peu de choses sur l’opposition que formeront, en plus de l’USFP, du PPS, du MP et de l’UC, les islamistes du PJD, qui n’ont rien de plus à perdre après leur écrasante débâcle aux élections du 8 septembre. Ce qui est à espérer, c’est que le bloc de l’opposition joue pleinement son rôle et place, au même titre que la majorité gouvernementale, l’intérêt du pays et des Marocains au centre de ses préoccupations.