Nizar Baraka tient la corde

Nizar Baraka

Le Parti de l’Istiqlal prépare activement son 17ème congrès


Hamid Chabat est désormais minoritaire au sein du Conseil national. C’est à cause de lui que le PI n’a pas pu être l’une des composantes de la nouvelle majorité.

L’horizon se dégage donc pour Nizar Baraka. Depuis des semaines, il sillonne le Royaume à la rencontre des militants et, plus récemment, pour préparer les congrès régionaux devant conduire au XVIIème congrès, prévu à la fin septembre 2017.

Si la date de ces assises a bien été fixée, il reste, d’ici là, à réunir les conditions de succès de ce rendez-vous. Parmi les dossiers en instance dans cette perspective, se pose, évidemment, ce problème: que faire de Hamid Chabat, secrétaire général sortant, élu en 2012? Quel est le rapport de forces entre lui et Nizar Baraka, positionné comme candidat? La tonalité des derniers jours du mois de juillet 2017 paraît traduire un climat moins conflictuel. Que Al-Alam, l’organe arabophone de cette formation publie, lundi 24 juillet, une tribune de Nizar Baraka n’est pas passé inaperçu –elle a d’ailleurs été traduite et reprise par L’Opinion dans son édition du mercredi 26. Un signe de quelque chose en marche, d’autant que ce texte se distingue par plusieurs éléments. Il est ainsi rassembleur, mais pour le changement. Il rappelle que la situation est critique et fragile au sein du parti, avec des manifestations de raideur et de repli, mais que la tenue des congrès provinciaux témoigne d’un processus en marche. Une feuille de route donc qui se décline encore par d’autres aspects: raviver la fibre istiqlalienne, réhabiliter les organes et les instances du parti, promouvoir l’action collective. En somme, “réhabiliter le parti” et lui “éviter d’aller dans l’inconnu”.

La charge est lourde, malgré tout, contre Hamid Chabat. Et il faut bien rappeler que la formation istiqlalienne, aujourd’hui, est au plus bas. A telle enseigne qu’il a été pratiquement impossible depuis plus d’un an d’arriver à un accord sur les conditions et les modalités d’organisation du XVIIème congrès. Et ce n’est qu’à la fin du mois de juin 2017 que les critères de sélection des congressistes ont pu être adoptés: 1.000 membres élus par le Conseil national sur la base du score électoral de chacune des 12 régions, l’importance de la population et les effectifs des militants encartés ; quotas pour les organisations parallèles (femmes, jeunes…).

Ardente obligation
En l’état, Hamid Chabat est désormais minoritaire au sein du Conseil national. Ainsi, Taoufik Hjira jusqu’alors suspendu depuis le 9 février 2017, en même temps que Karim Ghallab et Yasmina Baddou, a repris ses fonctions de président de cet organe, alors que les deux autres dirigeants ont été réintégrés le 9 mars par décision judiciaire. La situation de Chabat a été fragilisée par d’autres faits: perte d’un siège parlementaire dans la circonscription de Settat, mise en détention du député et président de la municipalité de Had Soualem, Zine El Abidine El Houass, inculpé de divers crimes financiers, procédure diligentée à son endroit pour la gestion des finances du parti, expulsion manu militari du siège de l’UGTM à Rabat après son délogement au congrès de cette même centrale syndicale. En creux, la position de Nizar Barak s’est progressivement renforcée avec l’appui de Hamdi Ould Rachid, Abdelouahed El Fassi, dirigeant du mouvement Bila Hawada, créé après le XVIème congrès de 2012 ainsi qu’au sein du Comité exécutif et des parlementaires istiqlaliens. Il estime qu’il a désormais une mission et une ardente obligation à s’engager jusqu’au bout pour revivifier le parti.

Jamais cette formation n’a été aussi isolée dans le champ politique national. Dans l’opposition depuis juillet 2013 et ce par suite de l’inconséquence de Hamid Chabat, elle n’a pas pu être l’une des composantes de la nouvelle majorité formée le 5 avril 2017, lors de la nomination du gouvernement El Othmani. Une situation pratiquement contre-nature contrariant la vocation gouvernementale de ce parti historique dépositaire depuis près de troisquarts de siècle d’un fonds de valeurs au coeur du Mouvement national durant le protectorat et du corpus de l’identité culturelle et politique

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