Le "nif" d’Alger gâche encore tout

NOUVELLE VISITE DE DE MISTURA AU MAGHREB

L’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU au Sahara marocain repart de nouveau bredouille de la région, du fait du refus insistant de l’Algérie de prendre part aux tables rondes pourtant voulues par l’ensemble de la communauté internationale.

Alger persiste et signe. Elle ne semble décidément pas le moins du monde disposée à s’asseoir à table avec le Maroc pour discuter du règlement de son différend avec lui au sujet du Sahara marocain. C’est ce que l’on peut en tout cas comprendre de l’appel lancé ce 5 septembre 2022 par le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, pour la “reprise des négociations directes entre” ce qu’il a qualifié de “deux parties du conflit, le Royaume du Maroc et le Front Polisario”, comme si son pays n’était aucunement impliqué.

C’était au cours de la réception qu’il a accordée à l’envoyé personnel du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Staffan de Mistura, en visite pour la deuxième fois en moins de deux mois au Maghreb après son déplacement de début juillet 2022 au Maroc même. Lequel M. de Mistura repart donc bredouille, sachant que la principale mission que lui a dévolue le Conseil de sécurité au cours de son dernier vote d’octobre 2022 sur la situation concernant les provinces du Sud est de reprendre les tables rondes lancées en décembre 2018 par son prédécesseur, le diplomate allemand Horst Köhler, et qui n’ont plus eu lieu depuis mars 2019 en partie en raison de la pandémie de Covid- 19, mais en grande partie désormais du fait de refus de l’Algérie d’y prendre part.

Gesticulations inutiles
A cet égard, le soi-disant “envoyé spécial” de la voisine de l’Est “chargé de la question du Sahara occidental (sic) et des pays du Maghreb”, Amar Belani, avait excipé, peu avant le vote de la dernière résolution du Conseil de sécurité, d’une prétendue “instrumentalisation éhontée (...) de la participation de [son pays] aux précédentes tables rondes pour [le] présenter fallacieusement (...) comme étant partie à un conflit régional”. Argumentaire repris d’ailleurs par le Polisario lui-même, dont le secrétaire général, Brahim Ghali, auprès duquel M. de Mistura s’est rendu dans les camps de Tindouf, en Algérie, a également insisté pour qu’Alger ne soit pas représentée dans les futures discussions.

Dans le droit fil des gesticulations algériennes des trois dernières années qui avaient notamment amené l’Algérie à rompre, en août 2021, ses relations avec le Maroc sous le prétexte infondé d’une implication marocaine dans des feux de forêt provoquées par le changement climatique en Kabylie, le mouvement séparatiste a justement, par ailleurs, durci sa position et fait part de son intention de ne pas renoncer à la rupture du cessez-lefeu qu’il avait décrété en novembre 2020 après l’opération des Forces armées royales (FAR) pour libérer le passage entre le Royaume et la Mauritanie que les milices polisariennes bloquaient. Le représentant du Polisario auprès de l’ONU, Sidi Omar, s’est ainsi prévalu, face à M. de Mistura, d’un pseudo “droit du peuple sahraoui (sic) à atteindre ses objectifs légitimes pour l’autodétermination et l’indépendance”. Pendant ce temps, le Maroc est, lui, bel et bien dans son Sahara.