Nicolas Sarkozy au Maroc : "Je suis profondément Marocain"

Tandis que la relation entre la France et le Maroc ne traverse pas ses jours les plus reluisants, la visite de l’ex-président français dans le Royaume avait des allures d’une opération de déminage. Verbatim.


La rencontre avec l’ex-président français, Nicolas Sarkozy, était très attendue. Et l’accueil qui lui a été réservé, ce mercredi 13 décembre 2023, donne la mesure de la réussite du rendez-vous. Dans une salle de conférences comble, à l’hôtel la Tour Hassan de Rabat, plusieurs personnalités politiques, notamment l’ambassadeur français au Maroc, Christophe Le Courtier, le conseiller royal, André Azoulay, ainsi que d’autres figures du monde de la culture, universitaires et journalistes ont assisté à la prise de parole du président de la République française de 2007 à 2012, qui n’a pas tari d’éloges sur le Maroc, tout en passant en revue les enjeux géopolitiques que traverse le monde aujourd’hui.

A la suite d’un propos liminaire de la part de Mohamed Benamour, président du Conseil de développement et de solidarité (CDS), un think tank indépendant organisateur de la rencontre autour de la présentation du livre de Nicolas Sarkozy, «Le Temps des combats» (sorti le 19 août 2023), et après avoir reçu comme cadeau une plaque commémorative, l’ex-chef d’Etat français a rappelé l’attachement qui le lie au Maroc.

Marocanité du Sahara
Nicolas Sarkozy a salué la clairvoyance du roi Mohammed VI, qu’il considère comme un grand dirigeant, lequel représente une chance pour le Maroc. Il a exprimé une amitié profonde envers le Royaume, qui revêt, selon lui, une dimension intime, avant d’assurer qu’il était convaincu de la marocanité du Sahara, une position constante de sa part depuis le règne de feu Hassan II. L’ancien locataire de l’Elysée a dit se reconnaître tellement dans la susceptibilité des Marocains, admirant leur classe, leur allure, et qu’il se sentait parfois Marocain.

Nicolas Sarkozy a aussi mis en avant le génie du Maroc, qui a su bâtir une économie résiliente, malgré les aléas régionaux et l’absence de ressources en pétrole et en gaz, ainsi que la subtilité dans la conciliation entre modernité et identité. Il a également remis en question l’approche de la France, qui doit changer son regard, car le monde d’aujourd’hui et ses rapports de force ont évolué. Nicolas Sarkozy en a profité pour dénoncer les atrocités commises par Israël dans la bande de Gaza, tout en condamnant les attaques perpétrées par le mouvement palestinien Hamas. Il a défendu le droit des Palestiniens à disposer d’un Etat, estimant que la guerre n’avait jamais d’issue, tout en réclamant une solution politique négociée au conflit israélo-palestinien. Il a également dénoncé l’apathie des Nations unies et s’est insurgé contre la représentativité dans le Conseil de sécurité, qui devrait, à ses yeux, comprendre des pays arabes, l’Inde ainsi que d’autres puissances émergentes.

Nicolas Sarkozy a dit que la sécurité au Sahel était tributaire de la marocanité du Sahara, une position affirmée la veille lors d’une émission télévisée espagnole, «Espejo público» (miroir public en français, ndlr) diffusée mardi 12 décembre 2023 sur la chaîne espagnole Antena 3, en réponse à la question de la journaliste qui animait le débat. Nicolas Sarkozy s’est entretenu, peu après sa prise de parole, dans les alentours de 19 heures, avec le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch. Les deux hommes ont évoqué la relation du Maroc et de la France et les liens forts qui unissent Paris et Rabat.

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