Natalité : A–t-on besoin d’une stratégie de "réarmement démographique" au Maroc ?


La France ! Pays de l’amour, des lumières, et maintenant... des bébés sur commande ? Oui, vous avez bien lu. En effet, le président Emmanuel Macron vient de passer à la vitesse supérieure avec une stratégie de “réarmement démographique”. Face à un taux de natalité qui fait grise mine, le taux de fécondité est tombé à 1,88 enfant par femme en 2020, Macron joue la carte de l’ingénierie démographique. Il propose des examens de fertilité gratuits pour les jeunes, un soutien accru à la procréation médicalement assistée et un généreux congé de naissance de 6 mois. L’idée ? Faire sauter les verrous qui freinent les jeunes couples à avoir des enfants : inquiétudes financières, problèmes de fertilité, et le sempiternel casse-tête de la conciliation vie professionnelle/vie familiale. On dirait presque que l’État français veut devenir le meilleur ami des futurs parents. ‘Allez les jeunes, faites des bébés, l’État veille sur vous!’ semble dire Macron.

Pendant ce temps, au Maroc, pas besoin de l’Etat, ni d’une stratégie de “réarmement démographique” pour encourager la natalité. Ici, c’est la tante, le cousin et même la voisine qui vous demande ‘Alors, c’est pour quand le petit deuxième ?’ à chaque fête de famille. Les conseils pleuvent, les recettes de grand-mère pour booster la fertilité aussi. Et gare à vous si vous n’avez pas de bonnes nouvelles à l’Aïd prochain ! Ici, le ‘réarmement’ est plutôt un sport national, joué avec enthousiasme par tout le monde. Mais ne rions pas trop vite. Certes, la population du Maroc devrait atteindre 43,6 millions d’habitants d’ici 2050, contre 33,8 millions en 2014, selon les estimations.

Ce qui représente une augmentation moyenne de 272 000 personnes par an. Toutefois, sous le soleil marocain aussi, les cigognes semblent faire grève. La fécondité baisse. Elle est passée de 2,5 enfants par femme en 2010 à environ 2,21 en 2020, et les familles marocaines, autrefois connues pour leur taille généreuse, commencent à rétrécir. Et avec cela, une nouvelle préoccupation pointe le bout de son nez : le vieillissement de la population. Qui s’occupera de tous ces grands-parents quand il y aura plus de cannes que de berceaux ? Ce virage démographique n’est pas sans conséquence. Avec une population vieillissante, vu que le nombre de personnes âgées de plus de 60 ans devrait augmenter de 3,3% par an entre 2014 et 2050, le Maroc fait face à de nouveaux défis : système de retraite sous pression, augmentation des dépenses de santé, et une jeunesse qui peine à s’insérer sur le marché du travail.

Alors, que ce soit en France avec Macron aux commandes ou au Maroc avec tante Zahra en chef d’orchestre, la question des bébés est sur toutes les lèvres. Mais une chose est sûre : que l’on encourage la natalité par des politiques d’État ou par des réunions de famille, le défi est le même : assurer un avenir serein et joyeux pour les prochaines générations. Au Maroc par exemple, même si on veut le meilleur pour les petits, il reste beaucoup à faire. D’après l’UNICEF et la Banque mondiale, il y a un gros travail sur l’éducation. Par exemple, des enfants de 10 ans ont du mal à lire un texte ou à faire des calculs simples et seulement la moitié des enfants en âge d’aller à la maternelle y vont vraiment. Le Maroc est alors dans l’obligation de faire un investissement essentiel dans le capital humain, qui conditionnera la trajectoire de croissance durable et la réduction de la pauvreté du pays.

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