Murs effondrés, de Hakim Belabbes, sort dans les salles, le mercredi 27 juillet 2022

Quand la réalité d’un peuple est racontée au cinéma

Ce film est, pour le réalisateur, un voyage poétique dans ce qui ressemble à une vie réelle au sein d’un petit village marocain: Bejaâd. C’est une méditation visuelle sur la vie intérieure d’un peuple et une célébration de la lutte quotidienne et de l’ambivalence.

Murs effondrés est le dernier long-métrage du réalisateur marocain Hakim Belabbes. Présenté en avant-première pour les journalistes, mercredi 20 juillet 2022, le film sort officiellement dans les salles nationales le mercredi 27 juillet 2022. Le film, qui réunit des acteurs de différentes générations comme Amine Naji, Zhour Slimani, Hanane Benmoussa ou encore Hamid Najah, promet une belle réussite commerciale vu la qualité cinématographique de l’histoire et la pertinence artistique du scénario.

Fidèle à lui-même, ce réalisateur marocain installé aux Etats-Unis plonge le public dans des histoires de la vie quotidienne d’hommes et de femmes «ordinaires». L’action de cet opus se déroule à Bejaâd, la ville natale de Hakim Belabbes, où le quotidien est difficile pour certains et clément pour d’autres. Les visages des épouses et des maris, des mères et des pères, des fils et des filles racontent les contrastes du destin, ses injustices mais aussi ses plus beaux cadeaux.

Facettes contrastées
Cela va d’un deuil suite à la perte d’un être cher jusqu’à une nouvelle naissance qui apporte espoir et bonheur. Telle est la vie dans cette ville aux facettes socialement contrastées. Dans le décor de Murs effondrés, les voisins vivent des vies séparées avec le même cycle de fardeaux et de petites joies. Ici, lâcher prise est un défi, à la fois pour les morts et les vivants.

Les gens de cette ville partagent le même monde, ils s’y côtoient et se confrontent mais ignorent quand ils vivent, chacun, dans la vie de l’autre, s’entraidant et se nuisant mutuellement. Connectés par l’amitié, la proximité et le sang, ils se détruisent et se soutiennent: par des mariages, des funérailles, des meurtres, par le pardon, par l’amour, et le sacrifice. Les personnages construisent leur petite communauté en s’accrochant à l’espoir. Pendant ce temps, les âmes des morts persistent à veiller sur ceux qu’ils ont laissés.

Il s’agit d’un voyage poétique dans ce qui ressemble à une vie réelle au sein d’un petit village marocain. Avec son regard pointu et artistique, le cinéaste transporte le spectateur dans les détails qui passent d’habitude inaperçus. D’un visage marqué par des rides à un regard morne en passant par un corps affligé par les drames. Tout est décrit avec grandeur et précision. L’empreinte de Hakim Belabbes est omniprésente et l’émotion prédomine son univers.

Fils cadet d’une famille de 11 enfants, Belabbes a grandi à Bejaâd où son père possédait l’unique salle de cinéma de la ville. Celle-ci a servi de lieu principal de la plupart de ses films. C’est ainsi que Murs effondrés regroupe dans son histoire des bribes de vie ramassés ici et là dans ce beau village. Murs effondrés est un film pris pour une méditation visuelle sur la vie intérieure d’un peuple et une célébration de la lutte quotidienne et de l’ambivalence.

A.A