Mur de défense: Le Maroc prêt

On ne connaît généralement du mur de défense érigé dans les années 1980 par les Forces armées royales (FAR) au Sahara marocain que le fait qu’il est de sable (“le mur des sables” est d’ailleurs une autre de ses appellations communes). Mais, on l’oublie, derrière se trouvent aussi des hommes. Deux récents reportages sont venus le rappeler: l’un diffusé le 4 novembre 2021 dans le cadre de l’émission Grand angle sur la chaîne 2M, l’autre le lendemain sur la chaîne YouTube du forum FAR-Maroc.

Ici et là, les Marocains ont pu faire davantage connaissance avec les éléments de leur armée, ces héros d’un quotidien désertique qui sont prêts à sacrifier leur vie pour leur pays et pour que leurs compatriotes puissent jouir d’une vie de quiétude, loin du tumulte d’une guerre où décidément l’Algérie tient plus que jamais à entraîner le Maroc. Et, surtout, tout le monde a pu voir de ses propres yeux que la situation était parfaitement sous contrôle: on se demande bien où se trouvent ces milices du mouvement séparatiste du Front Polisario qui, à en croire les dépêches quotidiennes de l’agence Algérie presse service (APS), auraient d’ores et déjà décimé les FAR.

Le mur des sables, en lui-même, ne reste, ceci dit, qu’un des éléments de la stratégie de défense marocaine, puisque comme l’a notamment expliqué le reportage de 2M, des moyens technologiques sont également utilisés. Un système de surveillance ultramoderne a, entre autres, été mis en place, et on peut imaginer que ce dernier est complété par l’observation à partir du satellite Mohammed-V lancé en orbite en novembre 2017: grâce à celui-ci, le Maroc avait très tôt repéré, en janvier 2018, les tentatives du Polisario d’installer dans la zone tampon séparant les positions des FAR de l’Algérie un soi-disant “ministère de la Défense”, une soi-disant “présidence de la République” et le secrétariat national du mouvement. Mais on pense surtout aux drones.

En septembre 2021, on avait su que les FAR avaient réceptionné treize drones turcs Bayraktar TB2, payés quelque 70 millions de dollars; mais dès la rupture, en novembre 2020, du cessez-le-feu par le Polisario, le bruit avait rapidement commencé à circuler que l’armée marocaine faisait d’ores et déjà usage de drones: le 9 avril 2021, l’hebdomadaire français Jeune Afrique avait notamment révélé que c’est au moyen d’un drone Harfang que le commandant de la gendarmerie du Polisario, Dah El Bendir, avait été tué deux jours plus tôt.

Lequel drone ferait partie du trio de Harfang achetés pour 48 millions en 2014 au constructeur français Dassault et que les FAR se seraient fait remettre fin janvier 2020. Enfin, le journal électronique israélien Ynet a fait état, ce 7 novembre 2021, de l’intérêt des FAR pour le système de défense du “Dôme de fer”: développé par Rafael Advanced Defense Systems, il a notamment permis à Israël de se protéger des attaques perpétrées en mai 2021 à son encontre par le mouvement palestinien du Hamas. Refusant d’entrer dans l’engrenage guerrier de l’Algérie, le Maroc continue, toutefois, de s’équiper contre toute potentielle attaque...

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