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Tous les moyens mobilisés pour une campagne réussie

REPORTAGE DANS UN CENTRE DE VACCINATION CONTRE LE COVID

Rigueur, transparence et bonne gouvernance sont les maitres mots qui caractérisent la campagne de vaccination contre le Covid-19 lancée par le Maroc. Aussi bien le ministère de la Santé que celui de l’Intérieur sont fortement mobilisés pour réussir cette opération nationale de grande envergure.

La campagne nationale de vaccination contre le Covid-19 bat désormais son plein. Lancée depuis le jeudi 28 janvier 2021, après le coup d’envoi donné par S.M. le Roi Mohammed VI, qui s’est fait inoculer, publiquement au palais royal de Fès, la première dose du vaccin britannique AstraZeneca, la campagne marocaine est considérée non seulement comme l’une des premières organisées en Afrique et dans le monde arabe mais également comme l’une des campagnes les plus performantes en matière d’organisation et de gouvernance.

S’il est vrai que le ministère de la santé veille sur les aspects sanitaires et logistiques, il n’en demeure pas moins qu’il est énormément épaulé par le ministère de l’intérieur, qui s’occupe des aspects liés aux fiches d’informations des vaccinés et de la gestion des plateformes électroniques mises en place pour une meilleure transparence de l’opération. L’impressionnante armada policière mobilisée par le ministère de l’intérieur devant les différents centres de vaccination dans le pays permet également une supervision stricte et rigoureuse des opérations. Au centre de vaccination Ibnou Zouheir, au quartier Riviera, à Casablanca, trois policiers y sont affectés. Chacun avec une responsabilité distincte.

Une efficacité rassurante
A l’entrée, une tente est dressée en plein air pour accueillir les candidats au vaccin. Quatre personnes, dont l’âge dépasse probablement 75 ans, sont assises dans le strict respect des gestes barrières: port du masque, distanciation sociale et gel hydro alcoolique disponible sur place. Samira Bouihi s’active pour assister les personnes à se faire vacciner dans les meilleures conditions possibles. Sur présentation d’une carte d’identité nationale, le visiteur est accueilli par une infirmière installée derrière un bureau devant la porte d’entrée.

Après avoir mesuré sa température, elle lui pose un certain nombre de questions liées à son état de santé: Est-elle actuellement malade? Exemple: fièvre, toux, diarrhée, poussée aiguë de maladie chronique? A-t-elle déjà présenté une allergique grave? Est-elle actuellement sous traitement immunosuppresseur? Traitement pour greffe d’organe? Corticothérapie au long cours? Biothérapie? Chimiothérapie récente? A-t-elle reçu le vaccin antigrippal depuis moins de 15 jours? Et enfin, a-t-elle contracté le Covid depuis moins d’un mois? Ensuite, l’infirmière remplit le grand fichier de la vaccination sur lequel elle porte les informations personnelles. Le centre abrite trois salles de vaccination, dotées des derniers équipements de soutien médical.

Une quatrième salle est disponible où les personnes vaccinées sont priées de patienter pendant dix à quinze minutes pour observer d’éventuels effets indésirables qui pourraient résulter de la vaccination. En cas d’apparition de signes cliniques troublants, la personne souffrante est rapidement prise en charge par le personnel médical en place. Mais la responsable du centre, Docteur Samira Bouihi, assure que les personnes âgées de plus de 65 ans vaccinées jusqu’à présent avec l’AstraZeneca n’ont présenté pour le moment aucun signe clinique post-vaccination et que les choses se déroulent selon les pronostics établis par le ministère de la santé.

Soutien nécessaire
Lesquels pronostics tablent sur une efficacité plutôt rassurante pour cette catégorie de la population. Et ce contrairement à la polémique qui a éclaté en Allemagne, où les autorités sanitaires soupçonnent le manque d’efficacité de l’AstraZeneca pour les personnes âgées de plus de 65 ans. En s’alignant sur l’avis favorable de l’Organisation mondiale de la santé, le ministère de la santé plaide pour une efficacité optimale de ce vaccin pour toutes les catégories d’âge.

Épaulée par une équipe dynamique et dévouée composée de deux médecins et deux infirmières, Docteur Samira Bouihi avance que le centre Ibnou Zouheir reçoit actuellement environ 120 personnes dans des conditions sanitaires dignes des plus grands centres de vaccination dans le monde. Du ministère de la santé, elle dit recevoir tout le soutien nécessaire pour réussir l’opération. Tout comme du ministère de l’intérieur, qui déploie ses moyens sécuritaires pour surveiller le déroulement de l’opération.

Après avoir décelé de nombreux cas de fraude liés à des personnes peu scrupuleuses qui se sont vacciner malgré leur inéligibilité actuelle, le ministère de l’intérieur se montre déterminé à dénoncer les fraudeurs et à leur infliger les plus lourdes sanctions qui commencent par des suspensions de leurs fonctions et pourraient se terminer par des poursuites judiciaires. Une rigueur et une fermeté implacables dignes des plus grands pays démocratiques respectueux des lois mises en place. Une expérience de bonne gouvernance à appliquer au prochain scrutin électoral prévu en septembre 2021.