Le mouvement Hiya réclame le deuxième âge de la Moudawana


Le projet de réforme du Code pénal, retiré du circuit législatif en 2021 est toujours en suspens. Le ministre de la justice multiplie depuis les sorties médiatiques, pour relancer le débat sur cette refonte nécessaire, mais aussi sur l’urgence de revoir le Code de la famille, affirmant que la Moudawana fait l’objet de dysfonctionnements quant à sa mise en oeuvre.

Toujours rien. Face à cette inertie, et quelques peu après sa création, le mouvement féministe Hiya, a investi ce dimanche 25 juin 2023 à 17 heures, la place des Nations unies à Casablanca pour appeler à une refonte totale et urgente de la Moudawana.Le mouvement Hiya est composé de militants et d’associations, notamment Ghizlane Mamouni et Karima Nadir de Kif Mama Kif Baba, Sarah Benmoussa, créatrice de @7achak.Maroc. Il s’agit également de Houda Charhi, créatrice de @BentDarhoum, de Camélia Echchihab, créatrice de @Feminicides.Maroc, Abdelmajid Moudni de Médias & Cultures et Dina El Moukhtari, militante. « Déçus par les politiques, nous utilisons la rue comme lieu d’expression. Nous nous donnons la mission de plaider, mobiliser et militer pour un environnement juridique, économique et social égalitaire à travers la promotion des libertés et de l’égalité de genre», ont annoncé les fondateurs du mouvement. Parmi les slogans scandés lors du sit-in, «Nous sommes Aicha, Samiha, Salma et toutes celles qui ont été assassinées». Face à cette pancarte, un spasme violent traverse inévitablement notre corps.


Le but est atteint, celui de rafraichir la mémoire des Marocain(e)s sur les victimes des manquements du cadre législatif quant à la protection des femmes. Le mouvement Hiya, appuyé par plusieurs militants venus exprimer leurs doléances et désenchantement, revendiquent une refonte globale du Code de la famille et du Code pénal ainsi que la mise en place d’un dispositif de protection pour les femmes victimes de violences conjugales, afin de limiter le passage à l’acte violent et prévenir les féminicides.

Dans le détail, le mouvement revendique «un Code de la Famille qui interdit et pénaliste le mariage des enfants ; qui prend en compte l’intérêt supérieur de l’enfant comme clé de voûte de la légifération et la prise de décisions judiciaires ; Qui valorise le travail des femmes au sein du foyer; Qui met en place l’autorité parentale conjointe (tutelle, garde et responsabilité conjointes) et où la tutelle suit la garde ; qui instaure l’équité dans le droit successoral; Qui reconnait le mariage d’une femme marocaine avec un non-musulman; Qui interdit la polygamie ; Qui rompt avec les formes désuètes de divorce», peut-on lire du communiqué. Il appelle également à «une réforme humaniste du Code Pénal afin de le mettre à jour des dispositions de la Constitution de 2011 et des traités internationaux signés par le Maroc, comprenant l’abrogation des dispositions qui pénalisent l’exercice des libertés individuelles et un renforcement de la lutte contre la pédocriminalité », poursuit la source

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