Mostafa Aboumalek, "Vivre en solo". le quotidien des célibataires casablancaises

"ON NE NAIT PAS FEMME, ON LE DEVIENT"

Bio-express
Mostafa Aboumalek est natif de Casablanca. Après avoir obtenu son Doctorat d’État en Sociologie, il intègre, en 2006, la Faculté de Droit de Casablanca en tant qu’enseignant-chercheur. Auteur de «L’ère de la débrouille» (2010) et de «L’ère des tribulations (2013), il prépare actuellement une nouvelle publication (en cours d’édition: «Le bon vieux temps»). Il est aussi membre de l’Observatoire National de la Violence faite aux femmes.

Depuis la nuit des temps, l’homme a pris conscience que la vie est ordre et rapport. Mais ce qui intéresse par-dessus tout notre auteur, c’est de «rendre compte d’une réalité criante, c’est que le monde moderne a depuis longtemps frappé à la porte de la famille marocaine, même si l’on continue à composer plus ou moins intelligemment avec les éléments de la nature, c’est-àdire avec la tradition».

Les traditions persistent, dit-il, car elles sont transmises de génération en génération. «Raison pour laquelle le célibat est généralement perçu comme une anomalie sociale». Pour Aboumalek, «La question de savoir si une personne se marie ne se pose pas, c’est attendu de tous, et le seul problème qui se pose est celui du choix du conjoint». Dans un pareil contexte, le célibat, dit-il, apparaît comme «un état contre nature et constitue l’antithèse de la famille». Au Maroc, il revêt depuis quelque temps une ampleur remarquable.

Inverser la tendance
Quant au mariage en bonne et due forme, selon les règles de l’art (traditionnel), il ne manque de ranimer les ferveurs d’une époque révolue. On est encore et toujours englué dans l’archaïsme et le matérialisme, des visions de plus en plus rongées par l’usure du temps. C’est le cas notamment du mariage arrangé qui s’affiche de plus en plus comme une norme de plus en plus décriée.

C’est que «la réalité de ce début du 21ème siècle nous renseigne en permanence qu’on ne nait pas femme, mais on le devient», dit-il en substance. Pour Aboumalek, les célibattantes casablancaises, le thème de son troisième ouvrage: «Vivre en solo», ne sont pas les filles de leurs parents. Comme quoi, souligne-t-il avec force, «les enfants sont faits pour déconstruire les projets parentaux et en construire d’autres».

On n’hésite pas à inverser la tendance quand on est rattrapé par la réalité de son époque. Cela incite, dit-il, à transformer le regard qu’on a de la vie, surtout lorsqu’on est en face à un phénomène qui nous interpelle et nous nargue! On n’est jamais, dit-il, au bout de ses surprises. Une lecture des plus fouillées et des plus stimulantes.


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