Morocco World News : Façonner le récit du Maroc à travers les médias anglophones


Adnane Bennis interviewé par une consoeur


L’anglais est aujourd’hui la langue de la diplomatie, de l’économie et des médias. Un pays qui ne dispose pas de médias anglophones ne pourra point imposer son narratif dans l’échiquier mondial. C’est la visions que défend « MorrocoWorld News ».

Morocco World News (MWN) s’est imposé comme une plateforme médiatique anglophone unique au Maroc, fondée par les frères Bennis, Adnane et Samir. Motivés par le manque de couverture médiatique équilibrée et objective concernant leur pays natal, MWN s’est rapidement imposé comme une voix influente et indépendante. Au lendemain du démantèlement du camp de Gdeim Izik, le 08 novembre 2010, qui a provoqué la mort de dizaines de militaires marocains qui ont été également victimes de mutilation, les médias internationaux ont fait un traitement médiatique de l’affaire loin d’être partial.

Les victimes marocaines, ont été considérées comme les véritables méchants de l’histoire et le public international n’a pas eu accès à l’information juste et vraie. « Cette situation m’a interpellé, moi et mon frère Samir, qui vivons à l’époque aux USA, ce qui nous a poussé à bosser jour et nuit, parallèlement à nos jobs, pour la période de 7 mois, sans financement extérieur ni aide de qui que ce soit, avant que nous puissions enfin lancer notre projet ». Adnane a dû laisser tomber ses études dans un master de « Public Diplomacy », pour se concentrer complètement sur MWN, un choix qu’il ne regrette point.

« MWN est un rêve » nous annonce-t-il avec confiance en poursuivant « nous projetons d’être le principal média anglophone en Afrique pour le futur. » Au moment de son lancement en mai 2011, MWN visait principalement les étrangers et ceux qui ne parlent pas l’arabe, le français ou le tamazight. Adnane Bennis explique : «Morocco World News était d’abord destinée aux étrangers... Le public marocain ne lisait pas du tout en anglais. Aujourd’hui encore, nos lectorat du site viennent à 90% de l’Europe et de l’Amérique. C’est sur les réseaux sociaux que les Marocains, surtout les jeunes, s’intéressent à nos contenus. »


Un anglais marocain
Pour le choix de l’anglais, Bennis estime que « L’anglais joue un rôle crucial dans les médias et la diplomatie d’un pays à l’échelle internationale. En tant que langue de communication mondiale, l’anglais nous permet de partager le récit marocain, les points de vus nationaux et d’atteindre un public plus large et diversifié. D’ailleurs, l’angalis renforce également la visibilité et l’influence du Maroc, lui permettant de participer activement aux débats et aux prises de décision à l’échelle mondiale » Si au début Adnane, nous raconte qu’il a dû faire appel à des enseignants d’anglais pour la rédaction d’articles, vu le manque de journalistes anglophones, MWN a su se développer rapidement.

Avec une équipe de 18 à 20 journalistes aujourd’hui, le média enregistre aujourd’hui environ 40 millions d’impressions sur Instagram et 18 millions de vues de pages. Aujourd’hui, MWN se considère comme un bras diplomatique à l’étranger. Elle a également contribué à combler le vide médiatique international sur le Maroc, en abordant des sujets importants tels que la question du Sahara.

En nous répondant sur la pertinence de changer la francophonie par l’anglophonie, Bennis estime que « Nous ne devons pas remplacer une langue par une autre, nous devons apprendre des langues et valoriser nos propres langues... L’anglais est la langue d’aujourd’hui, le mandarin est la langue de demain... Nous avons besoin d’un anglais marocain.» Selon lui, il est temps de développer un système marocain qui intègre différentes langues tout en préservant l’identité et les particularités linguistiques du pays.

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