MOODY'S ALERTE SUR LA DETTE PUBLIQUE

CHOC DU CORONAVIRUS

L’augmentation de la dette est plus importante, plus soudaine et plus généralisée que pendant la crise financière mondiale, reflétant la nature aiguë et mondiale du choc du coronavirus.

Rares sont les pays qui échappent à l’impact du coronavirus sur la dette souveraine. Sur les grandes économies et à fortiori sur celles qui le sont moins, comme le nôtre, l’impact ne sera que plus fort. Ainsi, en moyenne, dans les 14 pays les plus riches, Moody’s s’attend à «une augmentation du ratio dette/PIB d’environ 19 points de pourcentage cette année».

«L’augmentation de la dette est plus importante, plus soudaine et plus généralisée que pendant la crise financière mondiale, reflétant la nature aiguë et mondiale du choc du coronavirus », comme vient de le souligner l’agence de notation américaine, dans un nouveau rapport. Le niveau d’endettement sera surtout fort en Italie, au Japon et au Royaume- Uni, dont le ratio dette/PIB augmentera d’environ 25 points de pourcentage. En France, en Espagne et aux États- Unis, la hausse est estimée à environ 20 points de pourcentage. Pour Moody’s, les implications de ces évolutions de la dette sur la notation des pays dépendront de la capacité des gouvernements à inverser les trajectoires de la dette avant d’éventuels futurs chocs.

Détérioration budgétaire
Aussi, le Maroc doit s’y préparer sérieusement s’il veut infléchir l’impact de ces éventuels futurs chocs. L’agence Moody’s, qui a reconduit récemment la notation Ba1 du Maroc assortie d’une perspective stable, n’a pas pas manqué , d’ailleurs, de pointer du doigt les nombreuses contraintes pesant sur le profil de crédit du pays et ce, d’autant plus que la pandémie du coronavirus aura un impact négatif sur le Royaume en raison de la baisse du tourisme et des exportations vers l’Europe, une situation qui sera partiellement compensée par la baisse des prix des importations d’énergie.

Et les analystes de Moody’s ajoutant que «la détérioration budgétaire ou la matérialisation de passifs éventuels importants des entreprises publiques ou du secteur bancaire pourrait entraîner une dégradation. Une détérioration imprévue et durable des comptes extérieurs serait également négative».

Certes, la note Ba1 stable a été attribuée au profil de crédit du Maroc, parce que le Royaume ne manque pas d’atouts. Il a surtout démontré «sa résilience aux chocs intérieurs et extérieurs, son accès à des marchés de capitaux intérieurs relativement profonds et une transition économique vers des secteurs d’exportation à plus forte valeur ajoutée», comme n’a cessé de l’affirmer l’agence de notation financière Moody’s.

Néanmoins, pour Moody’s, cette amélioration pourrait être plus conséquente si le gouvernement opte pour «une action politique qui place fermement le ratio de la dette publique -y compris les garanties de dette extérieure pour les entreprises publiquessur une trajectoire descendante». À bon entendeur, salut!.


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