Mondial Qatar 2022: Merci, les lions !


L’équipe nationale de football s’est magistralement qualifiée aux 8èmes de finale de la Coupe du Monde Qatar 2022. Un exploit qui a procuré une grande joie pour tous les Marocains.

 Personne ne semblait croire en eux, sauf peut-être leurs supporters les plus fidèles et quelques connaisseurs bien au fait de la chose footballistique. Même l’intelligence artificielle l’assurait: ils ne feraient pas long feu et rentreraient aussitôt bredouilles du bord du Golfe arabique.

Et pourtant, au bout d’une opposition très éprouvante pour les nerfs face au Canada, ce sont bien les Lions de l’Atlas qui se retrouvent en tête du groupe F de la Coupe du monde de football. Et par là même, il assurent pour la deuxième fois de leur histoire, la première depuis 1986, leur qualification en huitièmes de finale de la reine des compétitions du ballon rond. Cela va sans dire: il s’agit bel et bien d’un véritable exploit sportif dont ont été témoins les Marocains ce 1er décembre 2022.

A ce titre, nos concitoyens pouvaient légitimement investir les rues, et ce de Tanger à l’extrême sud de la région du Sahara, pour célébrer l’événement. Sur les chaînes nationales, on pouvait, ainsi, dès le coup de sifflet final de l’arbitre brésilien Raphael Claus voir les rues de Royaume noircies de centaines de milliers de fans.

Un véritable exploit

Et l’objectif est bien évidemment que cela se répète encore pendant les jours à venir. Mais qu’est-ce qui a donc bien pu se passer pour qu’en à peine quelques semaines, l’on passe de victime expiatoire désignée des autres sélections auxquelles on était appelé à faire face, à savoir, en plus du Canada, la Croatie et la Belgique, respectivement finaliste et troisième de la précédente Coupe du monde de 2018, à une des réalisations les plus mémorables de l’histoire du football arabe et africain? Naturellement, une grande partie du mérite revient sans doute au sélectionneur Hoalid Regragui, nommé le 31 août 2022 seulement et qui, en moins de trois mois, est parvenu à constituer un groupe aussi performant: il faut vraiment avoir roulé sa bosse dans le football pour pleinement mesurer tout le travail réalisé.

Et derrière M. Regragui, on ne peut bien évidemment éluder le rôle de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) et de son président, Fouzi Lekjaâ, qui en plus d’avoir mis les petits plats dans les grands pour que l’équipe nationale aille aussi loin que possible dans la Coupe du monde, ont également été courageux en confiant les rênes de la sélection à un entraîneur certes prometteur, avec notamment sa Ligue des champions remportée en mai 2022 sur les bancs du Wydad de Casablanca, mais qui, à une intervalle de temps aussi réduite, constituait un choix risqué.

Le précédent sélectionneur, à savoir le Bosnien Vahid Halilhodzic, aurait-il pu lui aussi qualifier le Maroc au deuxième tour? Peut-être, mais en prenant en grippe des joueurs du calibre de l’arrière latéral Noussair Mazraoui, auteur d’une très admirable copie sur le couloir gauche auquel il n’est pourtant pas habitué en club, et surtout le meneur de jeu Hakim Ziyech, qui confirme que les supporters avaient tout-à-fait raison de réclamer son retour, il ne semblait pas vraiment mettre ses poulains dans les conditions les meilleures.

En tout cas, autant l’épopée de 1986 continue encore de marquer les esprits, autant cela devrait également être le cas pour celle-ci, d’autant qu’au jeu des comparaisons les deux se ressemblent en plusieurs points: le fait que le Maroc soit tombé dans le groupe de la mort -il y a 36 ans, le Royaume avait dû faire face à l’Angleterre, à la Pologne et au Portugal, qui restent à ce jour certaines des nations les plus emblématiques du football mondial-, avec quand bien même une première place du groupe, et entre-temps des matchs très tactiques et laborieux où il a fallu batailler au forceps pour pouvoir forcer le passage.

Capitaine courage

Car quand, dans quelque temps, on reverra ce Canada-Maroc et même le Maroc-Croatie du 23 novembre 2022 ou le Belgique-Maroc du 27 novembre 2022, on se dira que finalement on l’aura échappé belle. Les Canadiens, largement dominateurs au cours de la deuxième période, auraient ainsi très bien pu égaliser à la 72ème minute de jeu sur une tête du capitaine Atiba Hutchinson venue heurter le poteau du gardien marocain Yacine Bono avant de rebondir sur la ligne.

Tout comme, de l’autre côté, le Maroc a eu toutes les peines du monde à se projeter vers l’avant, n’arrivant à le faire que par intermèdes irréguliers, notamment sur des percées de l’attaquant Abderrazak Hamdallah, très rapidement réduites à néant du fait de sa lenteur balle au pied.

Mais cela a finalement compté pour des cacahuètes, puisque dès l’entame de la partie, les coéquipiers de Romain Saïss, capitaine courage, soit dit en passant, tout au long de cette Coupe du monde, avaient assuré l’essentiel sur un lob à la quatrième minute de Ziyech, avant que l’attaquant Youssef En-Nesyri, souvent (injustement) critiqué pour ses approximations techniques, ne double la mise à la 23ème minute, après avoir joué un rôle essentiel dans la première réalisation puisque c’est suite à un pressing qu’il avait déclenché que le gardien canadien Milan Borjan avait fini par dégager le ballon dans les pieds de Ziyech.

Par la suite, le Canada reviendra dans la partie suite à un but contre son camp à la 40ème minute du défenseur Nayef Aguerd (qui, en dépit de sa blessure au mois de juillet 2022 à la cheville pour laquelle il a dû être opéré, rend à chaque fois en charnière centrale aux côtés de Saïss des copies parfaites sur lesquelles il ne faudrait nullement faire l’impasse).

Le rêve est permis

Mais alors que le Maroc défendait avec une férocité inégalée son but et qu’en même temps la Belgique ne parvenait pas à prendre le dessus sur la Croatie (le match entre ces deux dernières se clora sur un score nul et vierge), il devenait évident au fur et à mesure que l’objectif n’était plus seulement de se qualifier, mais d’assurer la première place du groupe F pour se faciliter les choses pour la suite des compétitions, car cela amènera à des rencontres avec des adversaires supposément de moindre calibre -même si, bien sûr, il n’est aucune possibilité d’une opposition à proprement parler faible à ce niveau du football. Quels que soient maintenant les résultats, il est indéniable que chaque Marocain gardera désormais en mémoire les péripéties rencontrées par leur équipe en territoire qatari. Et vivement que ces péripéties s’éternisent le plus longtemps possible, avec qui sait peut-être, puisque rien n’empêche de rêver, de ramener au monde arabe et à l’Afrique leur premier trophée international...

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