Moncef Marzouki, ancien président de Tunisie, tire à boulets rouges sur Saïed et Tebboune

"La dictature algérienne est en train de miser sur un autre dictateur en Tunisie"


Le premier président tunisien de l’ère post-Ben Ali, de 2011 à 2014, appelle à renverser Kaïs Saïed qui s’est laissé berner par une prose algérienne totalement fausse qui ne conduira qu’à l’implosion de l’Union du Maghreb arabe du fait de l’acharnement de l’Algérie contre le Maroc.

Moncef Marzouki a dit tout haut ce que beaucoup de Tunisiens pensent tout bas. Le premier président de l’ère post-Ben Ali, de 2011 à 2014, se livre aisément ces derniers jours au jeu des questions-réponses en vue de dénoncer un dictateur à la tête de la Tunisie qui jouit de larges pouvoirs sans garde-fous.

Dans une interview accordée au journal français l’Express, publiée le 19 avril 2023, il a appelé les Tunisiens à la «désobéissance civile» pour renverser Kaïs Saïed. «Kaïs Saïed est un Robespierre de pacotille», a-t-il affirmé. L’ancien président tunisien a déploré l’état dans lequel se trouve actuellement la Tunisie, autant sur le plan politique qu’économique, et la détérioration de ses relations extérieures avec les bailleurs de fonds internationaux ainsi qu’avec son voisin du Maghreb, en l’occurrence le Maroc.

Dans un autre entretien accordé jeudi 13 avril 2023 à Canal 22 Algérie, une chaîne lancée en Europe par Ghani Mahdi, un journaliste et dissident algérien en exil, M. Marzouki a exprimé avec regret que l’actuel chef d’État tunisien, Kaïs Saïed, en accueillant officiellement le chef des séparatistes du Polisario en août 2022, se soit laissé berner par «la prose algérienne sur la création d’un sixième État au Maghreb, rompant ainsi la ligne de neutralité observée par la Tunisie, depuis des décennies, à l’égard du conflit entre le Maroc et l’Algérie».


Pour Marzouki, il s’agit là d’«une prose totalement fausse qui ne conduira qu’à l’implosion de l’Union du Maghreb arabe» du fait de l’acharnement de l’Algérie contre le Maroc et sa tentative de transformer la Tunisie en wilaya algérienne. Dans ce dernier cas de figure, ajoute-t-il, la «dictature algérienne est en train de miser sur un autre dictateur pour maintenir la Tunisie sous son aisselle», et ce dans le seul but d’empêcher l’ancrage de la démocratie en Tunisie. Connu pour son franc-parler et sa probité, Moncef Marzouki n’y est pas allé d’une main morte quand il s’est agi de pointer du doigt, sans détours, la «dictature algérienne » d’être directement et volontairement responsable de l’altération actuelle des relations maroco-tunisiennes.

Franc-parler
« Les relations maroco-tunisiennes n’ont jamais connu le moindre problème ni sous le pouvoir de Habib Bourguiba, ni sous celui de Zine El-Abidine Ben Ali, ni durant ma présidence… », a-t-il rappelé. Il a expliqué à son interlocuteur que les services de sécurité tunisiens ne doivent pas obéir à Kaïs Saïed car celui-ci a trahi la nation et les Tunisiens, en plaçant son pays au bord de la faillite et en le plongeant dans une crise politique et économique sans précédent.

Parler du Maghreb et des relations maroco- tunisiennes sans évoquer le dossier du Sahara était tout sauf attendu de Moncef Marzouki. En effet, il n’a pas dérogé à la règle. L’ex-président a renouvelé son soutien au plan d’autonomie marocain au Sahara, réitérant son appel lancé en 2020 aux séparatistes du Polisario de vivre sous souveraineté marocaine au lieu de continuer à vivoter dans la misère des très étroits et invivables camps de Tindouf.

« Il n’y a que cette solution unique qui pourrait leur permettre non seulement d’être des citoyens d’un grand État, le royaume du Maroc, mais aussi de plusieurs États, à savoir ceux de l’Union du Maghreb arabe », a-t-il expliqué en guise de conclusion en s’adressant aux réfugiés des camps de Tindouf.

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