ROAD SHOW DE PROMOTION DE LA DESTINATION MAROC AUX ÉTATS-UNIS

Mohcine Jazouli en mission de séduction des investisseurs américains

S’étayant sur un accord de libre-échange qui lie Rabat et Washington depuis 2006, la délégation marocaine a présenté aux leaders américains les opportunités d’investissements dans les secteurs des nouvelles technologies, de la mobilité électrique, des énergies renouvelables et de l’aéronautique, mais aussi la marque «Morocco Now».


Mohcine Jazouli est aux Etats-Unis depuis le 6 mai 2024. Son périple de promotion de la destination Maroc en tant que plateforme privilégiée pour les investissements internationaux, qui dure au 14 du mois, est organisé par l'Agence Marocaine de Développement des Investissements et des Exportations en partenariat avec l’Ambassade du Royaume du Maroc aux États-Unis et l’Ambassade des États-Unis au Maroc. Le road show a commencé par faire escale à Dallas, Austin, San Francisco puis Seattle. L’occasion de promouvoir les atouts du Maroc auprès des leaders américains dans les secteurs des nouvelles technologies, de la mobilité électrique, des énergies renouvelables et de l’aéronautique, tout en renforçant la marque « Morocco Now » auprès des investisseurs américains.

Projet de grande envergure
Le coup d'envoi a été donné à Dallas lors du 16e Sommet du « U.S.- Africa Business Summit », organisé du 6 au 9 mai par le Corporate Council on Africa, sous le thème « États-Unis et Afrique: un partenariat pour un succès durable ». Ce rendez-vous annuel, qu’a abrité en 2023 la ville de Marrakech, a réuni cette année plus de 1 500 dirigeants, dont 8 chefs d'État africains, des ministres, des membres du gouvernement américain et d'autres hauts fonctionnaires, ainsi que des PDG de compagnies des secteurs public et privé américain et africain. Des agences de financement américaines, dont l'Export Import Bank, la Development Finance Corporation, ainsi que des institutions financières internationales telles que la Banque africaine de développement, la Banque de commerce et de développement et Africa 50, ont discuté du financement d'infrastructures majeures en Afrique et particulièrement au Maroc, seul partenaire de libre-échange des États-Unis en Afrique et le premier investisseur en Afrique subsaharienne.

La délégation marocaine a présenté, dans ce sens, les opportunités offertes par le Maroc, tout en renforçant la marque «Morocco Now» auprès des investisseurs américains. A Austin, au Texas, la start-up technologique américaine Lozera avait annoncé quelques jours auparavant qu’elle allait signer, le 8 mai à Austin, au Texas, avec le ministre Jazouli un protocole d’accord pour la mise en place d’un Datacenter et d’un hub d’IA de 386 MW à Tétouan. « Ce partenariat stratégique, qui sera concrétisé par la signature d’un protocole d’accord (MOU) vise à établir un centre de données de pointe de 386 MW (mégawatts) et un AI (intelligence artificielle) Hub à Tétouan, au Maroc, dans le but de démocratiser l'accès aux ressources informatiques avancées de l’IA, en améliorant la disponibilité du traitement basé sur GPU Graphics Processing Unit) signifie, Unité de traitement graphique) pour les chercheurs, les startups et les entreprises aux États-Unis, au Maroc et dans le monde », explique Lozera sur son compte sur le réseau social X (ex-Twitter). L’une des principales caractéristiques de cette initiative est son engagement en faveur de la durabilité, en tirant parti des solides ressources d’énergie renouvelable du Maroc pour alimenter l’installation.

La signature du protocole d’accord devrait se dérouler à la Capital Factory d’Austin en présence notamment de Mohcine Jazouli, ministre délégué chargé de l’Investissement, de la Convergence et de l’Evaluation des Politiques Publiques, Ghita Mezzour, ministre déléguée en charge de la Transition Numérique et de la Réforme de l'Administration ainsi qu’une importante délégation du gouvernement marocain et de l’Agence Marocaine d’Investissement et de Développement des Exportations (AMDIE).


Le hic, c’est l’absence d’informations sur la start up américaine même sur son site web. Tout ce que l’on sait, c’est qu’elle a vu le jour en décembre 2023. Comment alors une entreprise jeune peut-elle se lancer dans un projet de grande envergure comme celui d’un Datacenter à Tétouan qui nécessiterait un investissement de 500 millions de dollars (plus de 5 milliards de dirhams) ? Pour l'heure, aucune information sur la conclusion de cet accord. D'autres étapes ont ponctué le road show américain du ministre Jazouli. Celui-ci a participé à une table ronde de haut niveau, co-organisée par Africa 50 sous le thème « African Infrastructure Investment : Impacts and Returns », dédiée au partage d’expérience sur les moyens de financer plus efficacement les infrastructures en Afrique. Dans le cadre de l'US-Africa Summit, l'AMDIE organisera également l’événement phare « Invest in Morocco » sous le thème « Friendshoring to Strengthen Value Chains with Africa: Morocco Example ». Cette session, qui a vu notamment la participation de l’ONHYM et de Casablanca Finance City, a mis en valeur les atouts du Maroc en tant que hub stratégique pour l'investissement en Afrique dans les secteurs clés tels que l'automobile, l'aéronautique, les énergies et le digital.

En outre, ce road show a été également marqué des rencontres stratégiques avec des décideurs et des chefs d'entreprise américains, des visites de sites industriels et une rencontre spéciale avec la diaspora marocaine à San Francisco.

Divers partenariats
Environ 150 entreprises américaines sont implantées au Maroc, allant des multinationales aux petites ou moyennes entreprises. Les opérateurs américains ont pu mettre à profit la position stratégique du Maroc comme porte d’entrée en Afrique, ainsi que ses divers partenariats à l’international. Depuis la signature puis l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange Maroc-États- Unis, le 1 er janvier 2006, les échanges commerciaux ont progressé à un rythme plus au moins soutenu, car les opportunités de développement ne sont pas encore exploitées à bon escient. Les importations marocaines en 2023 ont atteint 3,75 milliards de dollars (37,5 milliards de dirhams). Les exportations vers les États-Unis, elles, ont frôlé 1,7 milliard de dollars (17 milliards de dirhams).

Tout compte fait, la balance commerciale se révèle être déficitaire de 2,055 milliards de dollars, soit 20,5 milliards de dirhams, en faveur des États-Unis. Côté investissements américains, le secteur aérospatial a attiré les hommes d‘affaires américains, concentrés dans les zones commerciales Casablanca Midparc et Aeropole. Les entreprises agro-industrielles ont également investi de manière massive dans le royaume. Sans oublier quelques sociétés pétrolières et gazières détenant des concessions d’exploration au Maroc, tandis que d’autres sociétés énergétiques recherchent de nouvelles opportunités dans les énergies renouvelables et le gaz naturel liquéfié (GNL). La Chambre de commerce américaine au Maroc compte près de 300 membres (environ la moitié sont des entreprises marocaines qui font des affaires avec des entreprises américaines) et développe activement les relations commerciales entre les États-Unis et le Maroc. C’est dire qu’il existe encore des opportunités de développement des investissements américains au Maroc. D’où tout l’espoir placé dans le road show en cours de Mohcine Jazouli aux États-Unis.

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