Mohamed Tarik Hayoun publie un livre sur Mohamed Al Mehdi Ibn Abdeljalil

Le parcours d’excellence d’un homme d’État hors-pair


Pour Tarik Hayoun, Président délégué de la Fondation Abdelkhalek Torrès pour l’éducation, la culture et les sciences, auteur entre autres de «La pensée politique de leader Abdelkhalek Torrès » (2016), et «La résistance et l’Action Nationale au Nord du Maroc (1909-1956)» (coordonnateur de cet ouvrage collectif, 2020), Mohamed Al Mehdi Ibn Abdeljalil est «un intellectuel de grande qualité humaine, un père des plus affectueux et un homme d’Etat hors-pair. »

Cela fait 16 ans que nous a quittés feu Mohamed Mehdi Ibn Abdeljalil Il s’est éteint à Casablanca, le mardi 28 mars 2006. Une occasion pour Mohamed Tarik Hayoun, l’auteur du livre en arabe « Chadarate min Sirat wa Massar Rajol Addawla Mohamed Al Mehdi Ibn Abdeljalil», de revenir sur le parcours unique de ce grand homme d’Etat qui a marqué de ses empreintes plus d’un demi siècle de notre histoire. Un livre qui n’aurait pu voir le jour sans la sollicitude de l’épouse du défunt : Hajja Kenza Torrès, et qui n’est autre que la fille d’un ambassadeur de la stature nationale et intellectuelle qu’est Abdelkhalek Torrès. La même Hajja Kenza qui était, aussi, une sorte d’assistante de ce grand monsieur qu’était son père. Mehdi Ibn Abdeljalil et Hajja Kenza Torrès eurent trois enfants, Abdeslam, orthodontiste; M’hamed, ingénieur en aérospatial vivant aux USA, et Houda, rhumatologue.

Mission ponctuelle
L’auteur s’est alors attelé à répondre au désir de Hajja Kenza Torrès pour réaliser cette oeuvre autobiographique sur Mehdi Ibnabdeljalil en s’aidant des documents et écrits personnels du défunt. Très vite, l’auteur a fini par découvrir les qualités exceptionnelles de cet homme d’Etat hors pair. Un homme de grande qualité intellectuelle et humaine. Epris de liberté et de paix, cet homme modeste et juste n’a pas lésiné, tout au long de son parcours politique et diplomatique, à défendre corps et âme les causes les plus nobles. A commencer par celle de l’indépendance de notre pays à celle de la récupération des territoires du Sahara marocain en passant par celle de la question palestinienne ou celle des droits de l’homme à l’ONU.

Un homme, qui, tout au long d’une vie pleine de voyages et de rencontres avec des personnalités aussi célèbres que Jamal Abdel Nasser, le Chah d’Iran, la reine Elizabeth II ou la cantatrice égyptienne Oum Keltoum, a consacré l’essentiel de son temps à servir son pays. Avec abnégation et sacrifice. Mehdi Ibn Abdeljalil était dévoué tout au long de sa vie à son Roi et sa Patrie. Sans oublier sa petite famille. En effet, il est de ces hommes qui ont su réussir leur vie familiale. La Providence l’a mis sur le chemin où il allait rencontrer la compagne de son existence. Chargé d’une mission ponctuelle en Egypte, il sera l’invité de l’ambassadeur du Maroc au Caire, qui n’était autre que Abdelkhalek Torrès. Tout en réussissant sa vie familiale, il a réussi aussi son cheminement scolaire, universitaire et professionnel. Il a fait mieux et en même temps.


Né à Fès en 1930, dans une modeste famille de petits commerçants, il est remarqué pour ses brillants résultats à la fin de ses études primaires dans une école française à Casablanca où ses parents avaient émigré. Ce qui lui vaut d’être sélectionné pour rejoindre le collège impérial, où il partagera les bancs des salles de classes avec le Prince héritier Moulay El Hassan, futur Roi du Maroc.

Sens aigu de l’observation
Naîtra alors entre les deux adolescents, puis les deux hommes, une amitié solide et durable faite de respect, d’intelligence et de loyauté. Après le baccalauréat, Mehdi Ibn Abdeljalil s’inscrit à la faculté de Droit de Paris , où il obtient deux diplômes d’études supérieurs (DES), l’un en Droit public, l’autre en Droit privé. Il opte ensuite pour deux autres cursus complets à l’Ecole des sciences politiques et à l’Institut des études internationales; toujours à Paris. Sa boulimie du savoir ne le lâchera plus. Toute sa vie, il sera cet érudit encyclopédiste et infatigable, constamment à la recherche de la connaissance.

Lors des négociations pour l’indépendance du Maroc, Mehdi Ibn Abdeljalil fait partie de la délégation marocaine qui rencontrera les autorités coloniales françaises, puis espagnoles. Le défunt était discret, mais ses compagnons savaient qu’il avait un sens aigu de l’observation. Son avis était régulièrement sollicité; l’avis pertinent d’un homme au nationalisme sans faille. À la fin du Protectorat, Mehdi Ibn Abdeljalil assume plusieurs fonctions. Après avoir été au cabinet du Prince héritier Moulay El Hassan, il est successivement directeur du cabinet de Driss M’hammedi, ministre de l’Intérieur; secrétaire général du ministère des Finances; secrétaire d’Etat à l’Industrie et aux Mines; inspecteur général des Forces auxiliaires et Haut Commissaire au Plan.

Une expérience multi-sectorielle de la chose publique où il donnera la pleine mesure de son abnégation et de son intégrité morale. Deux livres marqueront le produit de cette compétence acquise: La Réforme de la loi minière et Le Code des hydrocarbures. Au début des années soixante, Mehdi Ibn Abdeljalil fait le choix d’une carrière diplomatique. Il est nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire à Bonn; puis à Téhéran, avec une charge de représentation du Maroc en Turquie et en Afghanistan; et, enfin, à Londres, à la Cour Saint- James auprès de la reine d’Angleterre.

À son retour de Londres, Mehdi Ibn Abdeljalil ouvre un cabinet d’avocat conseil à Casablanca. Il s’investit dans la formation des jeunes avocats et dans le mécénat. Quant à sa maison, un modeste appartement à Romandie 2, elle était devenue, jusqu’à ce qu’il rejoigne sa dernière demeure, un lieu de rencontre d’intellectuels, de penseurs et de plusieurs amis qui n’ont pas manqué, d’ailleurs, de lui témoigner dans ce livre, leur profond respect et admiration.

Articles similaires