Mohamed Lyoubi : "Nous vérifions l'hypothèse que la chloroquine a eu un effet positif sur les malades"

ENTRETIEN

Quels sont les premiers résultats du traitement thérapeutique par la chloroquine des patients infectés par le coronavirus ?
Nous sommes en train d’analyser ce jour (mercredi 1er avril) les premières données avec finesse. Je rappelle que le traitement avec la chloroquine dure 10 jours. Il a été autorisé depuis le 21 mars. Le fait qu’il y ait eu, mardi 31 mars, 10 cas de guérison en une seule journée est un signe positif. Mais cela reste au stade de l’hypothèse selon laquelle la chloroquine a un effet positif sur l’accélération de la guérison.

L’analyse des données nous permettra de voir plus clair. Nous serons mieux fixés demain jeudi 2 avril par rapport à cette hypothèse. On aura une meilleure visibilité. Parce qu’en épidémiologie, il faut qu’une hypothèse émerge sur la base d’un constat. Puis, il faut analyser les données de manière plus approfondie. Est-ce qu’on la retient toujours comme hypothèse en attendant les prochains jours ou bien est-ce qu’on peut bien émettre la conclusion par rapport à ce protocole thérapeutique sachant que l’idée de départ, basée sur la recommandation du comité scientifique, était que ce protocole permet d’accélérer la réduction de la charge virale au niveau du corps

Tout en restant sur cette note positive, avezvous constaté à partir du 6ème ou 7ème jour, des améliorations de la santé des personnes sous traitement ?
Il faut savoir une chose. La plupart, pour ne pas dire la quasi-totalité des malades du coronavirus, soit plus de 85%, se portent bien sur le plan clinique. Après quelques jours de leur suivi, sans la chloroquine, ils s’améliorent. La règle est de leur faire subir un test ou plutôt un examen de contrôle trois jours après que leur état clinique s’améliore et que la fièvre tombe. C’est ce qui explique le faible nombre des personnes guéries, car on attend longtemps pour l’annoncer. On ne le fait pas le 6ème ou le 7ème jour. Dans nos protocoles, il n’y a pas un jour fixe pour faire un contrôle.

Pour les 15% des cas restants, malheureusement, on les reçoit dans un état avancé grave. Ils sont directement admis en réanimation. Et en ranimation, il n’y a pas que la chloroquine et le virus. Il y a aussi les autres facteurs de la comorbidité qui conditionnement le séjour en réanimation qui dure en moyenne entre 15 et 20 jours. Aujourd’hui, et par rapport au protocole thérapeutique à base de chloroquine, nous sommes au stade d’hypothèse. Déjà, lorsqu’on a introduit ce protocole, c’était sur la base d’une hypothèse selon laquelle la chloroquine va activer la négativation de la charge virale. Nous avons obtenu un résultat positif qu’il va falloir vérifier. Maintenant que nous avons la chloroquine, il faut attendre que le malade termine son traitement.

Y a-t-il au moins des remontées d’information positives à signaler ?
Les remontées positives doivent être confirmées par les tests du laboratoire. Il faut que les gens savent que ces 10 nouvelles guérisons s’ajoutent aux 14 enregistrées depuis le début de l’apparition du coronavirus au Maroc. C’est déjà un bon signal. Mais il ne faut pas tirer de conclusions hâtives.


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