Mohamed Laroussi: «méditations et médisances»

Un talentueux chroniqueur

Une sorte de célébration quotidienne de la vie par un talentueux chroniqueur.

“Méditations et médisances» est le cinquième ouvrage de Mohamed Laroussi. Il regroupe les 100 premiers billets et chroniques publiés par l’auteur sur la plate-forme AnalyZ, dont il est un des co-fondateurs. En effet, depuis la création d’analyZ en avril 2019, Mohamed Laroussi y écrit, sans relâche, des éditos, des billets d’humeur, et surtout une chronique hebdomadaire intitulée «Vendredi, tout est dit».

Tout est dit ou presque, puisque notre talentueux écrivain à l’humour corrosif, célèbre, au jour le jour, la vie, à travers une anthologie de textes, avec délectation «au rythme des provocations visant les systèmes, jamais les personnes et des approches malicieuses qui visent les angles morts en lieu et place des lieux communs», comme le signale à juste titre, dans la préface de l’ouvrage, l’anthropologue Abdessamad Mouhieddine.

«Méditations et médisances» aborde, en fait, des thèmes aussi variés que les gouvernants et gouvernés, les partis politiques, la technocratie, la corruption, la fracture sociale et les laissés pour compte, la classe moyenne, les intellectuels, l’école publique, la lecture, la culture, la radio, la télévision, la communication, le ramadan, et même le coronavirus, le confinement et le dé-confinement, et par-dessus tout l’avenir du Maroc, ce pays qu’il aime tant.

Dans ce chapelet de chroniques, Mohamed Laroussi n’oublie surtout pas de revendiquer son droit de citoyen qui lui permet de donner son avis sur les autres, avec beaucoup d’humour évidemment. Choisissant constamment de dire les choses telles qu’il les perçoit avec moquerie et malice, il use à la perfection des jeux de mots et des plaisanteries. C’est que les chroniques de Mohamed Laroussi se situent, nous dit Abdessamad Mouhieddine, aux antipodes de cette conception aride de l’écriture.

«Sous la plume de cette âme vouée à la dérision et, souvent, à l’autodérision on se surprend à retrouver stylistiquement côte à côte le souffle calembouresque de Devos et l’esprit humoristique surréaliste de Desproges».

Pour ce qui est du fond, rajoute-t-il, « Laroussi s’inscrit dans une longue tradition où le sérieux n’exclut point l’esprit le plus exquis et le sens de la formule, comme les ont si bien développés les Philippe Bouvard, Pierre Bénichou et d’autres chroniqueurs de talent qui ont transformé le matériau humoristique en outil pédagogique de masse».

Certes, nous avons là affaire à un style particulier, un style qui sort un peu de l’ordinaire, mais qui n’en demeure pas moins d’une grande simplicité. Une simplicité qui distingue l’homme qu’il est. Laroussi, l’humaniste, qui ne laisse tomber, ni ses idées, ni ses convictions, et encore moins ses principes et ses valeurs.

«En vérité, nous dit l’anthropologue Abdessamad Mouhieddine, ce florilège de chroniques est le fait d’une âme pétrie de gaieté et de joie de vivre. Le fait d’un homme qui a pourtant subi durant sa vie d’adulte un nombre incalculable de chutes, de chagrins et d’ennuis de toutes sortes. Mais il y a toujours opposé un caractère musclé, un humour souvent cinglant et, surtout, une célébration quotidienne de la vie.