Mohamed Benchaâboun défend son projet de budget devant les conseillers

UN BUDGET EN MAL DE RECETTES

Les recettes fiscales ont reculé, par rapport à 2019, d’environ 40 milliards de dirhams en 2020 et de près de 16,4 milliards de DH au titre du PLF-2021

Après avoir franchi le cap de la première Chambre, le projet de loi de Finances 2021 a atterri à la Chambre des conseillers où il sera examiné, discuté et éventuellement amendé. Vendredi, le 20 novembre 2020, le ministre de l’Économie, des finances et de la réforme de l’administration, Mohamed Benchaâboun, est, en effet, intervenu devant la Commission des finances, de la planification et du développement économique de la deuxième Chambre.

L’argentier du Royaume a tenu à cette occasion à défendre son Projet de budget en soulignant ses point saillants en particulier sur les plan social. Après avoir rappelé l’importance accordée par le PLF aux secteurs de la santé et de l’éducation, Benchaâboun est revenu sur une question qui a fait couler beaucoup d’encre, celle de la contribution de solidarité. Le ministre des finances n’a pas manqué d’ailleurs, de répondre à ses critiques, notamment en précisant que cette contribution qui sera appliquée aux salaires de plus de 20.000 dirhams par mois, ne concerne que 1,24% des salariés.

«Comme convenu avec les groupes de la majorité et de l’opposition à la Chambre des représentants, le seuil de contribution de solidarité sera relevé de 120.000 à 240.000 dirhams annuels, soit à partir de 20.000 dirhams de salaire mensuel. À cet effet, la contribution de solidarité sera appliquée pour 1,24% des salariés», a-t-il expliqué aux conseillers lors de la discussion générale du PLF en Commission.

Il a ajouté dans le même ordre d’idées que cette contribution a été revue à la baisse pour les entreprises, passant à 1 million de dirhams au lieu de 5 millions de dirhams. «Le taux appliqué sera graduel, soit entre 1,5 et 3,5% des bénéfices», a - t-il indiqué. Cette contribution de solidarité, qui bien qu’accentuant la pression fiscale difficile, notamment sur les salariés, qui ont du mal à l’accepter, est rendue nécessaire, nous dit le premier argentier du Royaume, par le besoin d’atténuer en partie la baisse des recettes fiscales, suite à la crise sanitaire.

Ressources supplémentaires
En effet, les répercussions de la pandémie du Covid-19 sur les plans sanitaire, économique et social, ainsi que les mesures mises en place pour limiter les impacts de cette crise sur les familles et les entreprises ont eu un effet considérable sur la situation des finances publiques. Ainsi, les recettes fiscales ont reculé, par rapport à 2019, d’environ 40 milliards de dirhams en 2020 et de près de 16,4 milliards de DH au titre du PLF-2021, comme l’a souligné Benchaâboun.

Situation qui a poussé le ministère des finances à «recourir à des ressources d’endettement additionnelles afin de pallier le manque des ressources propres, ce qui a été à l’origine d’un dépassement exceptionnel du principe de la règle d’or budgétaire. Il s’agit de préserver le niveau des interventions du Budget général de l’État, en dépit des efforts déployés pour mobiliser des ressources supplémentaires, que ce soit à travers le Fonds spécial pour la gestion du coronavirus Covid-19 ou via les mesures prévues dans le projet de loi de Finances (PLF) de 2021», a-t-il précisé.


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