Mohamed Ben Salmane dédaigne Abdelmajid Tebboune

L’Algérie et le sommet de Jeddah

En décidant de ne pas associer le président algérien aux réunions consacrées au retour de la Syrie au sein de la communauté arabe, il était évident que Mohamed Ben Salmane voulait mettre fin à la présidence algérienne, vaine et infructueuse.

La délégation algérienne, qui participe au 32ème Sommet arabe à Jeddah, a du mal à cacher son aigreur. Elle a cherché à s’attribuer un tant soit peu de mérite dans le retour de la Syrie parmi les siens, après 12 années d’absence. En vain. L’Algérie veut se frayer une place dans la géopolitique internationale mais elle n’a pas les moyens de ses ambitions. Ce régime militaire peine à faire oublier sa politique répressive qui lui permet de durer et perdurer. Il a longtemps usé de la propagande pour faire croire à la thèse de l’ennemi extérieur qu’est son voisin de l’Ouest, le Royaume du Maroc.

Tellement que le porte-parole de l’establishment, Abdelmajid Tebboune, a commencé à croire ses propres mensonges. Comment alors un régime qui ne recule devant rien pour tenter de déstabiliser et de faire plier son voisin peut prétendre oeuvrer pour l’unité arabe? N’était-ce pas le slogan du Sommet de la Ligue arabe d’Alger les 1 et 2 novembre 2022 ? Ironie du sort, ce sommet a permis au monde entier de découvrir le vrai visage d’une Algérie qui ne brille ni de l’intérieur ni de l’extérieur et qui cherche, de surcroît, noise à son voisin de l’est. C’était un véritable fiasco. Depuis la fin du Sommet, Alger s’est éclipsée.

Lorsque Mohammed Ben Salmane, le fringuant prince héritier de l’Arabie Saoudite, a entamé les tractations pour le retour de la Syrie dans le giron arabe, il a ignoré une Algérie empêtrée dans ses propres problèmes internes, économiques et politiques et dont la réputation a été éclaboussée par des dossiers de violation des droits humains et de la liberté de la presse.

Mohamed Ben Salmane n’a pas associé Abdelmajid Tebboune, le président algérien et alors président du Conseil de la Ligue arabe , aux réunions ayant débouché sur la décision de rallier Bachar Al Assad à la communauté arabe. Il était évident pour lui qu’il fallait mettre fin à la présidence algérienne, vaine et infructueuse, et par la même occasion, neutraliser ses intrigues ignobles et extravagantes.

Face à un gros calibre de la scène arabe et internationale comme l’Arabie Saoudite, l’Algérie a suivi la politique de l’Autruche. Elle a protesté par une presse interposée, aux commandes du régime. « À Alger, cette attitude saoudienne ne passe pas. L’Algérie reproche surtout à l’Arabie saoudite de se ‘’comporter’’ comme la présidente en exercice de la Ligue arabe alors que c’est elle qui assure cette fonction », lisait-on dans un article du site algérien TSA, citant une source officielle ayant requis l’anonymat. A la veille même de l’organisation du 31e Sommet de la Ligue arabe de Jeddah, Alger a encore témoigné de ses velléités délétères vis-à-vis de son voisin.

Elle a démontré qu’elle n’est pas digne de confiance et qu’elle manoeuvre sciemment à intenter à l’intégrité territoriale du Royaume. Les locataires du palais d’El Mouradia ont programmé un match amical entre un ramassis de jeunes désoeuvrés de camps de Tindouf (l’Algérienne), formant une soi-disant « sélection sahraouie de football », et le Mouloudia d’Alger, doyen des clubs algériens, samedi 20 mai au stade Nelson Mandela de Baraki, au lendemain de la finale de la Coupe d’Afrique des nations des moins 17 ans.

A elle seule, cette information suffira à donner le tournis à Gianni Infantino, le président de la FIFA. Heureusement que le ridicule ne tue pas ! Mais à ce stade, la junte militaire algérienne frôle l’hystérie voire même la démence. Son jeu trouble est démasqué par les Etats arabes au moment où elle veut passer pour l’artisan de l’unité arabe.

Mais pas seulement. Un document déclassifié des services de renseignements américains, la CIA, publié récemment, révèle que l’Algérie mène une guerre par procuration (le polisario) contre le Maroc en vue de créer un état vassal lui ouvrant un accès à l’Atlantique. Il faut bien se rendre à l’évidence que l’Algérie se fait hara-kiri en s’accrochant encore à des thèses mensongères et éculées. C’est dire qu’il ne faut pas s’attendre à une attitude positive de sa part lors du Sommet de Djeddah.

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