De Mistura en russie : Début d’un lâchage russe à l’encontre d'Alger?

La visite de l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU au Sahara marocain a été l’occasion pour Moscou d’exprimer des positions plutôt favorables aux thèses du Maroc en ce qui s’agit de son intégrité territoriale. La junte militaire algérienne est-elle en train de perdre son principal allié historique?


Staffan de Mistura et Sergueï Lavrov.


La montagne aura finalement accouché d’une souris. Couverte dans le menu détail par la machine de propagande algérienne, la visite en Russie de l’envoyé personnel du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) au Sahara marocain, Staffan de Mistura, n’aura, pour le moins, pas tenu toutes ses promesses pour Alger et ses protégés du mouvement séparatiste du Front Polisario. S’attendant visiblement à ce que Moscou exprime des positions favorables à la tenue d’un soi-disant référendum d’autodétermination dans les provinces du Sud, comme elle l’a fait à différentes reprises au cours des trois dernières années, la diplomatie algérienne aura très certainement déchanté à la vue du communiqué ayant ponctué le déplacement du diplomate italo-suédois, très largement favorable aux thèses marocaines. Publié aux termes de l’entrevue qui a été accordée par le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, à Staffan de Mistura, le document, que l’on doit aux services de presse du ministère des Affaires étrangères russe, a ainsi totalement fait l’impasse sur la possibilité d’une consultation référendaire, s’attardant plutôt sur la relance du processus politique.

Ce qui, en fait, met directement en porteà- faux l’Algérie, car c’est elle qui, depuis octobre 2021, refuse tout bonnement de prendre part aux tables rondes inaugurées en décembre 2018 par le prédécesseur de Staffan de Mistura, à savoir Horst Köhler. De plus, la Russie “a mis l’accent sur l’importance de parvenir à une solution juste, durable et mutuellement acceptable”, et ce “sur la base des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité”, chose qui arrange également le Maroc dans la mesure où seule l’initiative pour la négociation d’un statut d’autonomie, posée sur la table du Conseil de sécurité depuis avril 2007, correspond à tous les qualificatifs mentionnées, et que lesdites résolutions ne font de toute façon plus aucun cas de l’organisation d’un référendum depuis juin 2001. Naturellement, les médias officiels et officieux algériens ont cherché à présenter les propos russes sous un jour qui corresponde à leur phraséologie pro-séparatiste, mais sans vraiment convaincre.


Relance du processus politique
Au niveau marocain, en contrepartie, des sources consultées par nos soins nous ont fait part de leur satisfecit eu égard au communiqué du ministère des Affaires étrangères russe, qui met encore une fois avant la position qui fut celle de la Russie jusqu’à la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté du Maroc sur son Sahara, suite à quoi le pays eurasiatique allait, à partir de juin 2021, remettre la question du référendum sur le tapis. “Il faut rappeler que le ministre des Affaires étrangères russe avait déjà eu des positions à l’avenant à Marrakech, lors du dernier sommet arabo-russe (tenu le 20 décembre 2023, ndlr)”, souligne-ton.

Quant au choix de Staffan de Mistura de faire un crochet par Moscou, il est considéré comme “normal” du fait du statut de membre permanent du Conseil de sécurité de la Russie, contrairement à l’Afrique du Sud, où le concerné s’était rendu le 31 janvier 2024 sans l’aval de la partie marocaine alors même que Pretoria est sans doute actuellement, avec Alger, la capitale la plus hostile à l’intégrité territoriale du Maroc. “On ne mélange pas les torchons et les serviettes”, commente-t-on.

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