De Mistura joue la désescalade diplomatique entre Alger et Rabat

L'envoyé spécial de l'ONU au Sahara occidental entame au Maroc sa 1ère tournée dans la région

Staffan de Mistura a une mission bien précise, celle de mesurer les chances d’une prédisposition de l’Algérie et de son protégé le Polisario, à retourner à la table des négociations. 

Staffan de Mistura réussira-t-il à sortir de l’impasse le processus politique visant à trouver une solution politique pacifique acceptable par les parties au conflit fomenté autour du Sahara marocain? L’envoyé personnel du Secrétaire général des Nations-Unies pour le Sahara, Staffan de Mistura, a entamé, mercredi 12 janvier 2022, une visite régionale dans le cadre de la concrétisation de la résolution 2602 du Conseil de sécurité, adoptée le 29 octobre 2021.

M. de Mistura a été reçu, jeudi 13 janvier à Rabat, par le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, en présence de l’ambassadeur et représentant permanent du Royaume du Maroc auprès de l’ONU, Omar Hilale. Les responsables marocains ont réitéré les fondamentaux de la position marocaine, à savoir «l’attachement du Royaume à la reprise du processus politique conduit sous l’égide exclusive de l’ONU pour parvenir à une solution politique sur la base de l’Initiative marocaine d’autonomie, dans le cadre du processus des tables rondes, en présence des quatre participants».

Un positionnement qui en dit long sur la mission délicate du nouvel envoyé spécial. Car la position de la principale partie prenante dans ce conflit qu’est l’Algérie semble aller aux antipodes des différentes résolutions du Conseil de sécurité adoptées ces dernières années. Le dénominateur commun des résolutions 2440, 2464, 2494 et 2548 est l’accent mis sur la nécessité de parvenir à une solution juste, mutuellement acceptable et fondée sur le compromis. En outre, l’Algérie a été pour la première fois incluse dans la Résolution 2440 d’octobre 2018 et les résolutions suivantes, ce qui veut dire que le Conseil de sécurité la considère partie prenante du conflit et non plus comme un simple observateur ou pays voisin.

“Tables rondes”
L’Algérie et par ricochet le Polisario appelle à des négociations directes tandis que le Maroc plaide pour la poursuite du cadre des négociations des «tables rondes», avec la participation d’Alger, Rabat, Nouakchott et le Polisario, tel que cela a été défini par le Conseil de sécurité.

La première escale de Staffan de Mistura fut le Maroc, et non pas Alger. C’est dire la discrétion qui a entouré le programme de sa visite. Le contexte géopolitique particulier justifie en partie cette discrétion. Mais aussi le blocage du processus politique à la suite de la démission de l’ancien envoyé spécial en mai 2019. Il devrait rester à Rabat jusqu’à samedi, avant de se rendre dans les camps de réfugiés de Tindouf, en Algérie. Le calendrier de son déplacement n’a toutefois pas été dévoilé. Mais le nouvel envoyé de l’ONU devrait rencontrer les parties concernées par le conflit autour du Sahara.

Il ne faut pas s’attendre à un miracle à l’issue de la première tournée régionale de M. de Mistura. Le nouvel envoyé spécial des Nations-Unies au Sahara occidental a une mission bien précise, celle de mesurer les chances d’une prédisposition de certaines parties prenantes, en l’occurrence l’Algérie et de son protégé le Polisario, à retourner à la table des négociations.